
Etienne Daho naît le 14 janvier 1956 à Oran en Algérie. Son père, militaire de carrière obtient un poste à Rennes où Etienne entame après le bac des études d’anglais. Fan de rock et de pop anglaise, il organise alors un concert pour rencontrer un des duos phares français des années 1970, les Stinky Toys alias Jacno et Elli Medeiros. Encouragé par le tandem, Daho fait ses premières armes aux Transmusicales de Rennes de 1979, avec son groupe, Entre les Deux Fils Dénudés de la Dynamo. Il récidive en solo et enregistre des maquettes avec Frank Darcel, guitariste du groupe Marquis de Sade. La scène rock bouillonne aux quatre coins de la France. La firme Virgin propose au jeune rennais, en 1981, un contrat pour Mythomane, album passé inaperçu du public. Néanmoins, la griffe Daho a déjà interpellé les critiques, conscients du phénomène atypique.
1982 : Etienne Daho sort de sa léthargie. « Le Grand sommeil », un hommage aux films noirs qu’il affectionne est son premier grand succès. La carrière de Daho prend une nouvelle tournure. Le deuxième album La Notte, La Notte (1984) devient rapidement disque d’or. Enfant du rock, l’univers poétique de Daho détonne avec la marée émergente du Top 50. Il innove avec sa voix suave, ses mélodies pop et son allure de teenager en débardeur marin. Daho devient le chef de file de ce qu’on appelle la nouvelle scène française. Il s’allie le talent des représentants de cette génération, les photographes Pierre et Gilles et Jean-Pierre Jeunet, réalisateur du clip « Tombé pour la France ». Il fait son premier Olympia en vedette en 1985.
Le troisième album Pop Satori, gorgé de hits (« Epaule Tatoo », « Duel au soleil ») réjouit à nouveau la critique et le public. Le chanteur esthète entame en 1986 une série de concerts sold-out. Peut-on parler de Dahomania pour un artiste si discret en dehors de la promotion ? Pourtant, Daho seul en scène, sait enflammer le public, que ce soit sur ses titres pop ou les ballades de son répertoire. Il séduit aussi un temps le cinéma (Jeux d’artifices de Virginie Thévenet, Désordre d’Olivier Assayas) sans entamer une seconde carrière. Enfin, Daho est un fan qui chante en duo avec son idole de toujours Françoise Hardy dans « Et si je m’en vais avant toi ». Et il publie avec Jérôme Soligny le livre Superstar et ermite sur l’égérie des sixties. Un titre qui pourrait aussi s’appliquer à Daho. Celui-ci monte son propre label Satori Song et sort un album ED Collection, composé de remix, d’inédits et de faces B. Il propose en tant que producteur la (re)mise en orbite de Robert Farel, Les Max Valentins et Dani.
Nouveau chapitre de la Dahomania : Pour Nos Vies Martiennes (1988). Cette fois, Daho compte « les heures hindoues ». Disque d’or et tournée. La rengaine ? Presque. Celle-ci se termine dans la salle du Marquee à Londres. Un mot qui porte définitivement bonheur à Daho depuis ses débuts. Il tourne dans le court-métrage Tant pis pour l’Idaho, en duo avec Chris Isaak, immortalisé par le livre de photos de Frédérique Veysset Daho dans tous ses états. Daho, un état proche de l’Ohio, sans le moral à zéro. Paris Ailleurs ou l’évasion dans un studio de Greenwich Village à New York. L’album, sorti en 1991 avec « Saudade », « Des attractions désastres », « Les voyages immobiles », rencontre un immense succès. Daho travaille également sur des remixes en collaboration avec Dimitri from Paris et Boom Bass, prélude à l’album électro Eden.
L’univers d’Etienne Daho n’a rien de revendicatif. Pourtant, il reste un artiste engagé. Il devient avec l’album Urgence, composé de 27 artistes, un des premiers chanteurs français à s’investir dans la lutte contre le Sida. 1993 : Daho surprend son public avec la reprise en 120 bpm de « Mon manège à moi » d’Edith Piaf, un titre que l’on retrouve dans le live Daholympia. Il faut dire que Daho n’aime pas s’ennuyer, ni dans sa carrière, ni dans celle des autres. Il produit des chansons pour Jacno, écrit pour Sylvie Vartan, Brigitte Fontaine et Guesh Patti. Il fait un duo avec Dutronc « Tous les goûts sont dans ma nature ». Et la nature fait bien les choses puisque la chanson est de tous les goûts. Etienne Daho part fêter comme il se doit ses vingt-cinq ans de carrière à Londres. Une rumeur le dit mort, il engendre un mini-album Reserection avec le groupe anglais Saint-Etienne. Etienne Daho participe aussi à l’émission mythique Top of the Pops en compagnie de David Bowie et d’Oasis. Belle preuve de vitalité !
Etienne Daho enchaîne avec l’album Eden (1996), un disque particulièrement étrange. Entouré de cadors (Astrud Gilberto, David Whitaker), Daho navigue en eaux troubles avec le single Au commencement. Il monte à bord du Kaleidoscope Tour pour un spectacle électro-pop. Cette année-là, il chante de nouveau à Londres à l’Institute of Contempory Arts où il interprète son adaptation de « Sur mon cou » de Jean Genet. Etienne Daho, artiste à best-of ? Il a vendu suffisamment de disques pour avoir le droit à sa propre compilation, écoulée à 600 000 exemplaires. Daho se mobilise plus que jamais dans la lutte contre le Sida, lors d’un duo avec Zazie dans l’album Ensemble Contre le Sida.
2000 : Etienne Daho peut-il encore se renouveler sans perdre son public ? Son septième album Corps et Armes est l’un de ses plus beaux disques. Son écriture subtile et ciselée emporte l’adhésion dès l’ « Ouverture ». Le public ne s’y trompe pas. Salle comble à l’Olympia, 150 000 spectateurs pour « Le tour de l’été sans fin ». Sortie d’un album live avec le duo « Comme un boomerang » featuring Dani. Toujours à la pointe, Daho compose pour l’icône Marianne Faithfull, « The pleasure song » et travaille avec les producteurs Ginger Ale. La carrière d’Etienne Daho n’est-elle qu’une perpétuelle évolution ou Réévolution comme le titre de son nouvel album (2003) ? Sans avoir la magie du précédent, il parvient à faire décoller le temps de deux ou trois chansons. Il a pour guests Marianne Faithfull et Charlotte Gainsbourg sollicitée pour le gainsbourien « If ». Daho repart en tournée comme d’habitude à l’Olympia et au Zénith. Sortir ce soir, entre live et best-of, témoigne de ce parcours. A l’époque, Daho sort aussi le soir pour enregistrer avec Elsa et Jane Birkin qui l’invite à chanter « La Grippe » dans l’album Rendez-Vous.
Le rendez-vous tant attendu a lieu en 2007 sous forme d’invitation, premier single de l’album du même nom. Daho s’est entouré de ses fidèles, les Valentins et Jérôme Soligny. L’ « ultimate » édition de l’album contient un EP de reprises Be My Guest Tonight, des bonus track, un clip et un livret photos de l’enregistrement. Pour autant, le public répondra-t-il à Daho, confronté comme les autres à la crise de l’industrie du disque ? Leur « duel au soleil » promet encore quelques moments de grâce lors de la tournée en 2008. Se réinventant à chaque album, Etienne Daho ne cesse de surprendre et dérouter public et fans. Il en est ainsi de l’adaptation musicale du poème Le Condamné à Mort édité par Jean Genet en 1942, avec la participation de Jeanne Moreau en récitante. Pour avoir l’entière liberté de ce projet casse-cou présenté au Théâtre de l’Odéon fin novembre 2010, le chanteur crée son propre label Radical Pop Music.
Source Music Story
1985 : Tombé pour la France
1986 : Epaule tattoo
1987 : Duel au soleil
1988 : Bleu comme toi
1992 : Saudade
1992 : Des attractions désastres
1992 : Les voyages immobiles
1993 : Mon manège à moi
1996 : Tous les goûts sont dans ma nature (avec Jacques Dutronc)
1998 : Le premier jour
2001 : Rendez-vous à Vedra
2001 : Comme un boomerang (avec Dani)
juillet 25th, 2011 → 14:49
[...] avoir produit Etienne Daho (l’album Mythomane), Jacques Higelin (Tombé du Ciel), Lio (« Amoureux solitaires »), [...]
septembre 27th, 2011 → 10:48
[...] faudra attendre 1989 et l’album Confidanses, écrit en collaboration avec Etienne Daho, pour que Sylvie Vartan renoue avec le succès et retrouve un public qui l’avait un peu [...]
décembre 11th, 2011 → 17:45
[...] a indéniablement inspiré une partie de la scène française actuelle. Il y d’abord eu Etienne Daho que Chamfort aida à ses débuts. Si Daho semble d’emblée new-wave, l’on ne peut que [...]
décembre 11th, 2011 → 17:46
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janvier 5th, 2012 → 10:50
[...] un tribute au Velvet Underground, Les Enfants Du Velvet, aux côtés des Rita Mitsouko et d’Etienne Daho. Le duo y adapte en français « Stephanie Says », qui devient « Je Rêve Encore De Toi [...]
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