Percy Sledge

Posted on 16/05/2011

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Percy Sledge voit le jour le 25 novembre 1940, dans une ferme de Leighton, bourgade du Colbert County (Alabama), référencée dans la mythique – depuis les années soixante – région de Muscle Shoals.

Ses racines rurales lui feront développer un style musical tout à fait original, à la fois empreint de country, du gospel, découvert à la Galilee Baptist Church de la ville, et de soul.

Le jeune homme se fait remarquer dans la chorale de son lycée, mais les nécessités de l’existence au quotidien reprennent leurs droits dès la fin de ses études, d’autant que Percy, prolifique, est très tôt père de cinq enfants.

Parallèlement à divers emplois modestes (il est brancardier) qui permettent à sa famille de manger tous les jours, il accepte de remplacer au pied levé le chanteur d’un groupe de la ville, les Esquires Combo, spécialistes du répertoire de Smokey Robinson et des Beatles. Percy Sledge, âgé de vingt-cinq ans, n’est alors habité par nulle fibre artistique, mais voit simplement dans cet intérim l’opportunité de revenus supplémentaires. Le groupe se produit ainsi dans tous les clubs et universités d’Alabama et du Mississippi.

C’est sa rencontre, un soir de goguette de 1966, avec l’ancien disc-jockey, propriétaire d’une boutique de disques, parolier et producteur de Sheffield Quin Ivy, qui déclenche la finalisation d’une chanson, alors encore à l’état de brouillon. L’air est officiellement composé par Andrew Pop Wright et Calvin Lewis, organiste et bassiste des Esquires et attire immédiatement l’oreille d’Ivy. Des séances sont planifiées au studio Fame (Florence Alabama Music Enterprises) de Rick Hall, où le chanteur est accompagné par la fine fleur des musiciens de l’Etat, à savoir la Muscle Shoals Rhythm Section (où pointent alors rien moins que le batteur Roger Hawkins ou le guitariste Jimmy Johnson)… et on engage un musicien et compositeur renommé, Spooner Oldham, pour interpréter une caractéristique partie d’orgue, nourrie d’accords tenus parfaitement liturgiques.

Jerry Wexler, patron d’Atlantic Records, à qui on fait écouter l’air, s’empresse naturellement de racheter le contrat du chanteur, et d’éditer le disque le 9 avril. La mélodie va faire le tour du monde. Avec « When a Man Loves a Woman », la carrière de Percy Sledge est sur orbite (le single parvient, pour la première fois de l’Histoire, en tête des classements de vente tant pop que rhythm and blues, au mois de mai 1966). La ballade, magnifique, est pleine de sentiment et d’énergie et ce tube mondial connaît une adaptation en français, dans la voix de Johnny Hallyday et sous le titre de « Quand un homme perd ses rêves ».

Donc sous contrat avec la prestigieuse maison de disques Atlantic (qui n’abrite rien moins que Ray Charles), Percy Sledge connaît une embellie de plus de trois années, qui lui permet de placer une douzaine de titres dans les charts. A la suite de son premier tube et construit sur le même modèle, « Warm and Tender Love » et « It Tears Me Up » campent dans le Top 10.

S’il se fait une spécialité de chansons composées pour lui sur mesure par le tandem de Muscle Shoals Spooner Oldham/Dan Penn, Percy Sledge développe le genre complètement inédit de la country soul, en interprétant également des compositions de Kris Kristofferson ou Charlie Rich.

En 1967, un nouveau single, « Take Time to Know Her » atteint la onzième place des hit-parades. Sledge chante alors partout et jusqu’en Afrique du Sud, où règne l’Apartheid, ce qu’on ne manque pas de lui reprocher vivement. La carrière de Percy Sledge, qui souffre de graves problèmes de santé, est malheureusement mise entre parenthèses dès le début des années 70.

En 1974, il quitte Atlantic pour Capricorn Records (compagnie créée par Phil Walden, ancien manager d’Otis Redding) et connaît un ultime succès (« I’ll Be Your Everything »). La suite de son parcours se déroule alors dans le circuit nostalgique des clubs, tant aux Etats-Unis qu’en Grande-Bretagne. Il enregistre néanmoins deux albums, fortement empreints de country (Percy en 1983 et Wanted Again en 1989), mais qui ne recueillent qu’un accueil mitigé.

En 1987, sa chanson fétiche est à la fois utilisée pour le compte de la bande sonore de Platoon (film d’Oliver Stone) et dans le contexte d’une campagne publicitaire d’une marque de boisson gazeuse. L’artiste distille alors plus de cent concerts par an, se produisant partout où on veut bien faire appel à lui.

En 1991, le chanteur Michael Bolton connaît la faveur des hit-parades grâce à sa version de « When a Man… ». Le retour de Percy Sledge sur le devant de la scène est sanctionné par le très bel album Blue Light (1994), qui s’enorgueillit de la participation de l’ancien guitariste des Rolling Stones Mick Taylor, ainsi que de celle du chanteur et guitariste Bobby Womack. La tournée qui suit est malencontreusement reportée : Percy Sledge vient en effet d’être condamné pour fraude fiscale.

Malgré l’étiquette de chanteur d’un seul tube, Percy Sledge a développé un style profondément original, qui le positionne comme l’un des personnages-clés de la soul sudiste des années soixante.

Source Deezer

1966 : When a Man Loves a Woman

1966 : Warm and Tender Love

1966 : It Tears Me Up

1967 : Love Me Tender

1968 : Take Time to Know Her

1974 : I’ll Be Your Everything

Posted in: Rhythm & Soul