Smokey Robinson and The Miracles

Posted on 26/05/2011

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Nous sommes en 1955, à Detroit. Les deux amis, étudiants, fondent groupe sur groupe (The Five Chimes, The Matadors) avant de rassembler autour d’eux Claudette Rogers (qui épouse son leader au mois de novembre 1959), Bobby et Emerson Rogers (cousins de la dame, et le premier né le même jour de la même année, et dans le même hôpital, que Robinson), Warren Pete Moore, et le guitariste Marv Tarplin (qui accompagne jusque là The Primettes, première incarnation de The Supremes).

La première audition du groupe est un échec : personne dans le métier n’a nécessité d’une nouvelle mouture de The Platters. Un homme jeune, ambitieux, entreprenant, est pourtant près à prendre un pari sur ces jeunes talents. Nous sommes en 1959, et The Miracles naissent à la chanson, et Berry Gordy Jr. devient leur manager.

Les premiers disques du groupe (« Bad Girl », « Way Over There »), majoritairement composés par Robinson, commencent à installer la renommée du quintette dans le pays. Mais leur leader n’est pas satisfait des retombées modestes de ventes pourtant confortables (la coutume de l’époque voulait que les artistes négocient leurs enregistrements avec les compagnies discographiques, renonçant ainsi à tous droits d’auteur).

C’est un encouragement explicite à Gordy pour qu’il crée son propre label : Tamla Motown Records naît en 1959, et Robinson en devient vice-président deux ans plus tard. Après un galop d’essai de trois 45 tours, la machine des Miracles s’ébranle : « Shop Around » devient en 1960 le premier numéro un de la firme, et son premier 45 tours à se vendre à plus d’un million d’exemplaires.

Le premier album du groupe Hi…We’re The Miracles sort à l’été 1961, et le deuxième Cookin’ With The Miracles est édité quelques mois plus tard. Il est suivi des singles « You Really Got A Hold On Me » (chanté par The Zombies, et The Beatles sur leur deuxième album), « What’s So Good About Goodbye », et « I’ll Try Something New » (1962). La même année, l’album I’ll Try Something New inclut une reprise du « I’ve Got You Under My Skin », de Cole Porter.

Puis jaillissent les 45 tours « Mickey’s Monkey » (repris par The Hollies en 1963), et « I Gotta Dance To Keep From Crying », revisité par The Who (1963). La même année, le groupe sacrifie au disque de genre avec Christmas With The Miracles, puis The Fabulous Miracles (sur la pochette duquel on peut admirer – fait rare – Marv Tarplin et sa magnifique guitare), The Miracles Recorded Live On Stage, enregistré sans Moore, parti à l’armée, et l’album The Miracles Doin’ Mickey’s Monkey, qui permet au groupe de revisiter quelques standards de la danse, tel « The Twist » d’Hank Ballard, complètent une production discographique frénétique.

La ronde des hits reprend alors : « I Like It Like That » (1964), « Going To A Go-Go » (repris plus tard par les Rolling Stones), « My Girl Has Gone », « The Tracks Of My Tears » et « Ooo Baby Baby » (1965).

Les Miracles sont alors le premier groupe de leur label, les meneurs de la Motor Town Revue (tournée itinérante de la compagnie), et une influence largement reconnue par tous les groupes britanniques, qui prennent alors d’assaut le marché américain. En outre, le Smokey Robinson compositeur contribue largement aux succès des Temptations (« My Girl », « Get Ready »), de Marvin Gaye (« Ain’t That Peculiar »), Mary Wells (« My Guy »), The Contours (« First I Look At The Purse »), The Marvelettes, ou The Supremes.

Mais tout n’est pas rose pour le groupe : Smokey Robinson est victime d’un virus pandémique, et la vie de tournée est également fatale à Claudette, qui souffre de plusieurs fausses couches. Au début de 1964, la jeune femme décide de se retirer de la scène : bien qu’elle continue à participer aux enregistrements du groupe, elle ne part plus en tournée.

Le retrait de la future mère provoque en 1965 un changement d’appellation pour le groupe, qui devient Smokey Robinson & The Miracles (c’est l’album Going To A Go-Go qui porte pour la première fois cette dénomination).

Toujours en 1965, une compilation double Greatest Hits From The Miracles égrène les très riches heures du groupe, alors que les autres ensembles n’en sont qu’à leur balbutiement. En effet, le succès dans les hit-parades perdure (« (Come ’Round Here) I’M The One You Need », en 1966). La même année, l’album Away We A Go-Go inclut une reprise du « Walk On By » de Burt Bacharach et Hal David.

1967 voit la multiplication des triomphes : « The Love I Saw In You Was Just A Mirage », « I Second That Emotion », et « More Love ». L’album Make It Happen est édité la même année, incluant « The Tears Of A Clown », qui, exploité en single trois années plus tard, sera le plus important tube du groupe. Tubes qui se succèdent toujours : « If You Can Want » et « Special Occasion » (1968), et qui annoncent les albums Greatest Hits, Vol. 2, et Special Occasion, qui eux-mêmes précèdent les nouveaux hits « Here I Go Again » et « Baby, Baby Don’t Cry » (1969).

Mais le groupe, malgré un nouvel album en public (Live en 1969), finit par s’essouffler, subissant la concurrence déloyale de Diana Ross & The Supremes (que Berry Gordy Jr. a d’impérieuses raisons intimes de pousser en front de scène). Robinson désire alors plus que tout une vie de famille, aspire à une carrière en nom propre, et souhaite se consacrer à sa fonction de vice-président de Tamla. Mais sa décision de quitter le groupe est différée par le succès de « The Tears Of A Clown » (1970).

C’est à la fin de 1971 (un ultime tube, « I Don’t Blame You At All », et un dernier album, Flying High Together) que Robinson tire sa révérence, non sans avoir présenté aux fans du groupe son successeur, le chanteur Billy Griffin. L’album Renaissance (1973) et le tube « Love Machine (Part 1) » (1976) ne font retarder la déliquescence inéluctable des Miracles, qui quittent Tamla Motown, et ne connaissent plus que des succès d’estime, et des appariements de bric et de broc.

En 1987, Smokey Robinson est honoré par le Rock and Roll Hall of Fame. Les fans du groupe n’ont jamais pardonné que les Miracles ne soient pas associés à l’hommage.

En 1995, Ronnie White, dernier membre fondateur du groupe qui s’appelle toujours The Miracles, même si réduit à sa plus simple expression, disparaît, emporté par une leucémie.

Source Deezer

1960 : Shop Around

1963 : You’ve Really Got a Hold on Me

1963 : Mickey’s Monkey

1965 : Ooo Baby Baby

1965 : The Tracks of My Tears

1965 : My Girl Has Gone

1965 : Going to a Go-Go

1966 : (Come ‘Round Here) I’m The One You Need

1967 : The Love I Saw in You Was Just a Mirage

1967 : I Second That Emotion

1968 : If You Can Want

1968 : Baby, Baby Don’t Cry

1970 : The Tears of a Clown

1971 : I Don’t Blame You at All

1974 : Do It Baby

1976 : Love Machine

Posted in: Rhythm & Soul