Les Fab Four contés par @LitePanda : Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band : La révolution musicale

Posted on 01/07/2011

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Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band

Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band est le huitième album des Beatles et est considéré comme l’album le plus influent de l’histoire de la pop music, d’une portée culturelle et musicale sans égal. Il a été classé premier dans le célèbre classement des 500 meilleurs albums de tous les temps du magasine Rolling Stones.
Considéré comme un des premier albums concept de l’histoire de la musique, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band révèle une véritable complexité musicale jamais entendue sur un album pop à l’époque.

1967, les Beatles s’enferment de nouveaux en studio d’enregistrement, jusqu’au 21 avril ils seront totalement aux commandes du Studio 2 d’Abbey Road ex Studios EMI. Un premier double single sortira en février Strawberry Fields/Penny Lane dont le premier titre est souvent considéré comme l’enregistrement le plus complexe des Beatles.

Les Beatles en ont définitivement marre des concerts et vont pousser au maximum l’expérimentation dans ce nouvel album. Paul McCartney a l’idée de créer un groupe fictif qui partirait en tournée à leur place : La fanfare du club des cœurs solitaires du sergent Poivre. Les Beatles en tant que super vedettes de l’époque n’ont plus de contraintes de temps quant à la création de cet album et ont accès à l’ensemble de la technologie d’Abbey Road.  Leur producteur George Martin et les ingénieurs sont totalement à leur service et leur manager Brian Epstein n’a plus d’influence sur eux, il se sent d’ailleurs de plus en plus inutile dans le contrôle de la « machine Beatles« . George Martin rapportera que lors d’une session d’enregistrement Brian fit cette remarque : « Je ne crois pas que ça sonne bien John » et que ce dernier répondit sèchement  » Contente-toi de  ton pourcentage Brian, nous on s’occupe de la musique.  » Il n’empêche que la mort de ce dernier en août suite à une overdose de barbituriques aura de grandes répercussions sur l’avenir des Beatles.

Brian Epstein

Aujourd’hui il est dur d’apprécier objectivement  l’impact de cet album mais il faut vraiment se rendre compte que les innovations techniques et technologiques sont énormes pour l’époque. Il y a d’abord une énorme avancée en terme d’enregistrement et d’écriture, la palette instrumentale est considérablement élargie avec notamment l’utilisation du piano électrique ou encore du mellotron. Les règles classiques sont abandonnées, la plupart des règles encadrant les 33T sont transgressées non seulement d’un point de vue musical mais aussi concernant la célèbre cover de l’album.

Citer toutes les innovations techniques serait trop long et bien complexe mais on peut citer les plus « fondamentales » : Les arrangements sonores et musicaux déjà beaucoup plus travaillés sur Revolver sont encore plus élaborés, plus d’échos, de réverb et d’effets sonores. L’utilisation plus généralisée du vari-speed également qui permet d’enregistrer une voix à une vitesse lente et ensuite de passer la bande à une vitesse normale ce qui donnera cette voix particulière qu’a John Lennon sur Lucy In The Sky With Diamonds. Les Beatles utilisent beaucoup plus de pédales d’effets et font passer leur voix et instruments à travers une cabine Leslie ( Technique déjà utilisée sur Revolver). Les collages sonores sont très utilisés notamment sur A Day In The Life et Being For The Benefit Of Mr Kite!
Du côté purement instrumental on retrouve bien sûr l’influence de la musique indienne sur l’album. Within You Without You sera enregistré par George Harrison seul avec un orchestre Indien. Ce dernier jouera également de la tambura sur Lucy In The Sky In Diamonds. Sur Revolver des sections de cuivres et des orchestres étaient déjà présents mais l’aboutissement de cette nouveauté trouvera son apogée dans le morceau A Day In The Life, véritable morceau de rock symphonique ( le premier de l’histoire ) qui a nécessité un orchestre classique composé de 41 musiciens dirigés par Paul McCartney.
Sgt. Pepper’s est probablement le premier album réellement psychédélique de l’histoire de la musique, toutes ces innovations font basculer cet album dans une toute autre dimension, un univers à la fois psychédélique et baroque.

Les Beatles en 1967

Enfin Sgt. Pepper’s est un album unique en son genre par le visuel de sa pochette réalisée par le maitre du pop art anglais Peter Blake et photographiée par Michael Cooper. Je dis bien photographié car il ne s’agit pas d’un montage mais d’une photographie des Beatles à côté de modèles en carton grandeur nature. On peut y voir de nombreuses figures historiques, les « nouveaux Beatles » dans leur costume aux couleurs criardes à côté des anciens Beatles assistant à ce qui semble être leur propre enterrement. Parmi ces personnalités on retrouve Bob Dyan, Edgar Allan Poe, Marlon Brando, Karl Marx, Marylin Monroe ou encore Lewis Caroll. Le provocant Lennon voulait également intégrer Hitler, Jésus-Christ et Gandhi qui furent refuser par la maison de disque.

Sgt. Pepper’s aura une grande influence sur le mouvement psychédélique de l’époque et notamment à San Francisco ou la cover de l’album fut affichée dans les rues de certains quartiers. Il symbolisera alors le Summer Love et le mouvement Flower Power, cette influence sera concrétisée par le morceau All You Need Is Love sorti au mois de juin 1967.


Morceau jouissant de l’un des arrangements instrumentaux lesplus originaux, les Beatles chantent mais ne jouent pas de leurs instruments. Paul raconte ici l’histoire d’une jeune fille fuguant pour retrouver un homme.


John Lennon s’est inspiré d’une affiché de cirque acheté dans une brocante annonçant un spectacle d’un certain Mr. Kite. L’ambiance « cirque » se fait bien ressentir grâce au jeu d’effets sonores qui donnent cette atmosphère de fête foraine.


L’extraordinaire A Day In The Life. Souvent considéré comme la représentation de la perfection créatrice des Beatles. Une collaboration McCartney/Lennon qui ne s’était pas vue depuis longtemps. George Martin avait engagé 40 musiciens pour jouer en totale improvisation, sans partition. Grande innovation pour l’époque, le sillon caché qui permettait d’écouter sans en boucle une chanson des Beatles en bande inversée ainsi qu’un sifflement inaudible par l’homme mais qui selon Lennon devait faire aboyer les chiens.


Strawberry Fields Forever.

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