Les Fab Four contés par @LitePanda : The White Album : Le début du déclin

Posted on 02/07/2011

0


The White Album

L’album The Beatles aussi appelé album blanc en référence à sa célèbre pochette immaculée est sorti le 22 novembre 1968 sur leur propre label, Apple Records. C’est le premier et seul double album des Beatles.
1968, la mort de Brian Epstein l’ancien manager des Beatles marque tous les esprits, sa mort entraine la dispersion des membres du groupe, leur énergie, leur talent. Une dispersion qui se fera ressentir et qui marquera la spécificité de ce White Album, les Beatles sont désormais quatre mecs suivant des chemins différents. Ce décès pousse les Beatles à investir tout leur capital en créant leur propre maison de disques : Apple. Ils décident alors de bâtir un véritable empire. L’idée est aussi d’aider des artistes à réaliser leurs projets. Plusieurs sections Apple furent fondées : Apple Electronics, Apple Record ou encore Apple Films.

Cette année 1968 commence par un voyage en Inde, les Beatles s’envolent pour y étudier la méditation. Leur gourou, le Maharishi Mahesh Yogi dirige ce qu’on appelle un ashram sur les rives du Gange. Les Beatles sont accompagnés de leur femme et de stars diverses dont Mia Farrow. Ringo partira au bout de 10 jours indisposé par la nourriture, deux mois plus tard ce sera au tour de Paul de partir laissant John et George. L’arrivée d’Alex Mardas le directeur d’Apple Electronics va tout chambouler, il avoue aux deux Beatles restant qu’il aurait vu le gourou faire des avances à Mia Farrow. Leur foi mise en doute John et George rentrent à Londres. Les Beatles reprennent la route des studios et la création de l’album blanc. Ce voyage en Inde reste très important car pas moins de 30 nouvelles chansons furent crées là-bas.

Les Beatles en Inde en compagnie du Maharishi Mahesh Yogi

La création de nouvel album s’inscrit dans un contexte particulier, Paul désignera d’ailleurs le white album comme « l’album de la tension ». En Mai 1968, John Lennon invite Yoko Ono à travailler sur des collages sonores, ils deviennent vite très proches et finalement celle dernière assiste aux sessions d’enregistrements toujours aux côté de John. Cela crée une grande tension au sein du groupe qui ne supporte pas l’arrivée de Yoko. Yoko Ono avait cette manie de parler sans cesse à voix basse à l’égard de John. Une fois Paul s’écria  » Putain de merde ! Est-ce que quelqu’un a parlé ? A qui est cette voix à la con ? As-tu dit quelque chose George ? Je n’ai pas vu tes lèvres bouger. » Le problème c’est que John semble vouloir intégrer Yoko au groupe. Cette tension est accentuée par la domination de Paul qu’il exerce de plus en plus sur George et Ringo.

Un portrait des Beatles inséré à l'époque dans la pochette du White Album

Ce nouvel album marque une grande rupture avec Sgt. Pepper’s, loin des expérimentations psychédéliques. John est désireux de revenir a quelque chose de basique, c’est donc un album plus simple, plus rock’n’roll et surtout très éclectique. Eclectique par la diversité des genres ( Du rock’n’roll, du jazz,du country, du hard rock avant l’heure tout comme des ballades acoustiques. ) mais aussi parce qu’on assiste à quatre individus qui enregistrent séparément visiblement dégoûtés de jouer ensemble. Ce qui est extraordinaire c’est qu’on assiste à une véritable bataille d’égos, chaque Beatle pense valoir plus que les autres. On peut définir cet album comme un disque patchwork, on y trouve fabuleuses compositions signées Lennon comme Julia, Dear Prudence, Revolution 1, des morceaux de McCartney, Back In USSR, BlackBird. Harrison signe le merveilleux morceau While My Guitar Gently Weeps mais aussi Long, long, long. Ringo composera sa première chanson : Don’t Pass Me By. Ce dernier d’ailleurs énervé par Paul qui lui avait fait faire part de son mécontentement quant à son jeu de batterie sur Back In USSR et se entant exclu du groupe quitta les studios pendant deux semaines. Paul McCartney s’élève comme un leader à l’époque, il veut tout contrôler. Un jour il engueula leur ami et producteur George Martin devant tout le groupe, Geoff Emerick leur ingénieur quitta le navire écoeuré par l’ambiance exécrable qui régnait dans les studios.
Parallèlement les Beatles travaillent aussi sur leurs projets personnels, des morceaux qui paraîtront sur différents albums solos après la dissolution officielle du groupe en 1970.

Cet album blanc marque le début d’une tragédie, celle de quatre musiciens artistiquement au sommet de leur talent à l’intérieur d’un groupe dissous pour lequel il n’y a plus aucun espoir.


While My Guitar Gently Weeps fut composée par Harrison d’après une lecture du Yi Jing, le livre chinois des mutations. Mécontent de sa prestation sur solo final il demande à son ami Eric Clapton de le jouer. On reconnait d’ailleurs son fameux vibrato mais pour des raisons de maisons de disques concurrentes à l’époque ce détail ne fut pas divulgué.


Une des plus belles chansons de John Lennon. Elle aurait été composée en hommage à sa mère décédée dans un accident de la route en 1958 mais certaines paroles font clairement référence à Yoko Ono : Son nom en japonais signifie Enfant de l’Océan, « Child of the Ocean ».


Une de mes chansons favorites, cette histoire de western fut écrite par Paul sur un toit de Rishikesh. George y joue de la basse, John de l’harmonium et George Martin pianote sur un vieux piano de salon.

Publicités
Tagué: