New Order

Posted on 18/08/2011

3


Quatuor anglais originaire de Manchester, New Order s’est formé en 1980 à la suite du décès de Ian Curtis, leader du groupe Joy Division. Les trois membres restants décident alors de donner un héritage à ce groupe charismatique. Si Joy Division était l’ombre, New Order représente la lumière : leur mélange d’électro et de house sur une base post-punk fait du groupe de Bernard Sumner et Peter Hook l’un des plus révolutionnaires de la décennie, dont les singles « Blue Monday » et « Temptation » sont devenus classiques.

La légende veut que les membres de Joy Division se soient promis de reformer un groupe si l’un d’entre eux mourait, à condition que celui-ci ait un son nouveau et change de nom. Le 18 mai 1980, Ian Curtis, leader de la légendaire formation cold wave, est retrouvé pendu dans sa cuisine. Cette année signe donc la fin de Joy Division, formé en 1977 et le début de New Order, nom suggéré par leur manager Rob Gretton, sur lequel planera éternellement le fantôme du chanteur. Certains voient dans le nom New Order une référence au dictateur Pol Pot : le groupe assume ce genre de critiques infondées puisqu’il en était également victime quelques années précédentes quand les membres adoptèrent celui de Joy Division (la « Division de la joie » faisait référence au quartier des prostituées des camps de concentration nazis) ; mais New Order tout comme Joy Division n’adhère pas à ces idées puisqu’au contraire, ils les dénoncent. Ces débuts douloureux en font un groupe sombre. Bien qu’enrichi par l’héritage Joy Division, New Order met un point d’honneur à se démarquer de cette précédente formation. Ainsi Bernard Sumner (né Bernard Dicken le 4/1/1956, guitare et claviers) alias « Barney » se reconvertit au chant ; Peter Hook, dit « Hooky » (13/2/1956) tient la basse, Stephen Morris (28/10/1957) la batterie et sa compagne Gillian Gilbert (28/10/1951), arrivée fin 80, la guitare et les claviers. Le groupe conserve cette auréole mystique et dès le départ, ne fait que peu d’apparitions publiques et ne donne que très rarement d’interviewes.

Le 8 octobre 1981 sort le double album posthume de Joy Division, Still, composé de titres live et inédits, suivi par le single « Ceremony » et sa face B « In a Lonely Place » crédité à New Order. Le premier album suit de près sur le label Factory créé par Anthony Wilson, Alan Erasmus et Rob Gretton (leur manager), orné d’une illustration au design minimaliste réalisée par Peter Saville. Produites par Martin Hannett, les compositions de Movement (novembre 1981) restent sombres, faisant planer l’ombre du défunt Curtis au travers des paroles douloureuses (« I Tried to Understand Him / I Tried So Hard / Time worked so well upon us inside of me / Inside my soul, inside my soul » – « Denial »). L’ouverture en mai 1982 par le label et le groupe de la discothèque Haçienda (où Laurent Garnier et d’autres DJs feront leurs premiers mixes), qui ne va tarder à devenir un monument de la scène anglaise des années 80 et un symbole de l’explosion de la techno en Europe. Le 3 mai 1983 sort Power, Corruption and Lies, premier véritable succès de New Order. Un album qui se démarque définitivement du son Joy Division par son approche moins cold wave, grâce aux percussions énergiques, aux lignes de guitares claires et aux mélodies dansantes comme celle de « Age of Consent » dans laquelle Sumner entonne avec légèreté « I’m not the kind that likes to tell you just what i want to do ». Un son puissant et novateur, consacré par le single « Blue Monday » (meilleure vente maxi-single de l’industrie du disque sous sa pochette en forme de disquette informatique), le premier carton de la formation qui en écoule trois millions d’exemplaires. Ce Lundi bleu qui fait danser la planète n’est disponible sur la version américaine du deuxième album (New Order prenant l’habitude de sortir ses titres les plus évidents en format single, les excluant des albums).Low-Life arrive le 6 mai 1985, muni des singles phare « The Perfect Kiss », « Confusion » et « Shellshock ». L’album qui atteint la septième place des charts britanniques dès sa sortie, est produit par Qwest, le label de Quincy Jones. Ses textes militants dénoncent les méfaits de la guerre, le mauvais traitement des enfants (« and other children like him too abused and used by what adults do dans all day long ») et oscillent entre espoir (« we believe in a land of love dans perfect kiss ») et mélancolie. Low-Life, qui a très bien vieilli, se classe parmi les monuments de la décennie new wave.

En 1986, Brotherhood se fait remarquer grâce au single « Bizarre Love Triangle », tube dansant et chef d’œuvre électro devenu classique (« I feel fine and I feel good, I’m feeling like I never should »). Egalement produit par Quincy Jones, il se veut plus rock, moins New wave. Brotherhood mis à part le single, marque un ralentissement dans l’évolution et les scores du groupe. Un an plus tard sort la première compilation Substance (11 août 1987) sous forme de double CD, avec la présence d’une nouvelle pièce « True Faith » qui obtient un grand satisfecit aux Etats-Unis. La rétrospective comprend toutes les faces B et une nouvelle version remixée de « Blue Monday ». C’est à ce jour la compilation la plus appréciée des fans. Composé en majeure partie aux Baléares, Technique sort chez Warner le 24 janvier 1989 et atteint le sommet des charts dès sa sortie. Lignes de basse somptueuses, synthés façon beat box, il présente un aspect plus lumineux que les albums précédents, ravissant les fans de pop synthétique dansante du deuxième Summer of love (1989). Technique est l’album dancefloor par excellence et marque les esprits grâce à des titres tels que « All the Way » et « Dream Attack ». En 1990, les Mancuniens enregistrent le tube « World in Motion » devant servir d’hymne pour l’équipe d’Angleterre lors de la Coupe du monde de football. En parallèle sort une compilation de deux séances enregistrées pour les fameuses Peel Sessions en 1981 et en 82. Survient alors une période difficile au sein de New Order. La tension entre le groupe et son label est à son comble et Factory Records est dans une mauvaise passe. Peu après la signature chez London Records (1992), l’Haçienda ferme ses portes, précipitant le terme du label historique. En 1993, New Order refait surface avec l’album Republic. Le single « Regret » se classe bien outre-Atlantique. (« There’s nothing I regret, save it for another day, pass the school exams, have kids an run away »). Le temps n’est donc pas au regret puisque tout semble réussir au quartette, ce qui n’empêche guère ses membres à vivre d’autres expériences musicales. Sumner et Johnny Marr (guitariste libéré de The Smiths) forment le duo Electronic, avec la présence de Neil Tennant (Pet Shop Boys) et Karl Bartos (Kraftwerk) pour quelques titres. De son côté, Peter Hook lance les groupes Revenge puis Monaco. Enfin, Stephen Morris et Gillian Gilbert fondent logiquement The Other Two. La discographie de New Order s’étoffe de deux compilations : The Best of New Order (mars 1994) et The Rest of New Order (mars 1995), l’une à la pochette bleue qui contient les singles du groupe, l’autre à la pochette rose est consacrée à leurs remixes.

En 1995, alors que la veuve de Ian Curtis, Deborah Curtis fait resurgir le passé en publiant Touching From a Distance, New Order sort alors un remix de « Love Will Tear Us Apart » (pour la compilation Permanent). En mai 1997, New Order offre le titre « Temptation » à la bande originale du film Trainspotting de Danny Boyle, et en 2000, participe à la bande-son du film The Beach (La Plage). Il faut attendre huit ans pour découvrir le 28 août 2001, une nouvelle œuvre, Get Ready, sur laquelle les musiciens invitent Billy Corgan (Smashing Pumpkins), Bobby Gillespie (Primal Scream) et Tore Johansson (Franz Ferdinand). Electro-pop, l’album tombe pile dans l’air du temps, montrant la faculté de New Order à se renouveler, en dépit d’un long silence. Gillian Gilbert est remplacée par Phil Cunningham, ancien guitariste du groupe Marion. Le single « Crystal » rappelle les beaux jours du groupe, mais n’est pas isolé dans cet album réussi, comme le titre acoustique « Run Wild » qui le clôt en douceur. Avec ce nouveau succès, New Order collabore avec les Chemical Brothers sur « Here to Stay » extrait de la bande originale du film 24 Hour Party People consacré à la scène musicale de l’âge d’or de Manchester. En 2002, New Order est sacré meilleur groupe anglais des années 1980 par le magazine Mojo. Quatre ans s’écoulent jusqu’au 29 mars 2005 et la parution de Waiting for the Sirens Call, produit par John Leckie, Stephen Street et Stuart Price et enregistré à Bath. Son single « Krafty » se veut un retour aux sources. New Order explique sa volonté de revenir à un son réminiscent des années 80, celui des débuts. Cette perspective semble irréalisable tant l’opus se vend bien, mais n’atteint pas son but vis-à-vis de la critique et des fans. En octobre sort la compilation Singles, qui permet au groupe d’entamer une tournée rétrospective reprenant même les classiques de Joy Division. Le 26 septembre, un double DVD, Item, regroupe les anciens clips et les dernières vidéos, ainsi que le documentaire New Order Story. Peter Hook lance un nouveau projet, Freebass. New Order gagne le Godlike Geniuses du New Musical Express et entre dans le très prisé UK Hall of Fame.

En 2007, Hook annonce la séparation du groupe en se disant « soulagé » par cette nouvelle. Sumner contredit l’information, prétendant que Hook n’en fait plus partie, mais que les autres musiciens ne s’arrêteront pas pour autant. Le 26 septembre 2007 sort Control réalisé par Anton Corbijn (auteur de la vidéo du titre « Atmosphere » de Joy Division). New Order participe à la bande originale du film en reprenant les titres « Exit », « Hypnosis » et « Get Out ». Malheureusement, Tony Wilson décède quatre jours avant sa sortie. En 2008, Bernard Sumner collabore avec les Allemands de Blank and Jones sur le morceau « Miracle Cure ». Personne ne peut encore dire où en est New Order actuellement et si le groupe va poursuivre son long et brillant chemin. Toujours est-il que New Order reste un groupe aussi mythique que sa précédente formation Joy Division. Pourtant la chose n’était pas simple. Ils ont réussi à se démarquer, à créer un son différent et tout aussi bon. En attendant, les New Order ne produisent plus rien et ce jusqu’à nouvel ordre.

Source Music Story

1981 : Ceremony

1981 : Everything’s Gone Green

1983 : Blue Monday

1983 : Confusion

1984 : Thieves Like Us

1985 : The Perfect Kiss

1986 : Shellshock

1987 : True Faith

1987 : Touched by the Hand of God

1988 : Fine Time

1989 : Round & Round

1990 : World in Motion

1993 : Regret

Publicités