Bill Haley

Posted on 31/08/2011

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Trop tôt, trop vite : le chanteur et guitariste américain Bill Haley fut le premier à enregistrer du rock, avant même qu’un nom soit donné à cette musique du diable, mais cette précocité ne lui porta pas chance. L’un des plus sous-estimés des pionniers du rock and roll, il est en effet entré dans l’histoire de la musique populaire avec la chanson « Rock Around The Clock » (1955). Mais ce tube planétaire occultera d’autres succès (« Shake, Rattle And Roll »), et la carrière même d’un artiste exemplaire, héritier des traditions country et hillbilly, mais à qui faisaient défaut le charisme d’Elvis Presley, les talents de compositeur de Chuck Berry, ou l’élégance de Buddy Holly.

William John Clifton Haley voit le jour 6 juillet 1925 à Highland Park (Michigan), et grandit en Pennsylvanie. Borgne de naissance, c’est un garçon timide qui se prend de passion pour la musique country. Musicien louant ses services à qui veut bien l’entendre jouer, et animateur de radio, Haley vit par et pour la musique dès l’immédiate après-guerre.

Son premier contact avec les rythmes sensuels du rhythm and blues se fait en 1952, par le biais d’une reprise du chanteur noir Jackie Breston, « Rocket 88 ». Les ventes du disque, correctes, mais sans plus, l’incitent à poursuivre en ce sens : « Rock This Joint » est alors publiquement présenté par l’animateur Alan Freed comme un rock’n’roll. L’épopée peut commencer. Haley rassemble autour de lui The Comets, musiciens en chapeau de cowboys, et adeptes du jeu de mot hilarant, puisque ce sont les… Comets d’Haley.

Le 12 avril 1954, la bande enregistre « Rock Around The Clock » (qui, initialement commercialisé en face B d’un 45 tours, n’obtient à sa sortie qu’un succès d’estime, mais incite les producteurs à graver au mois de juin « Shake, Rattle And Roll », qui se vend à plus d’un million d’exemplaires). En 1955, le manager du chanteur a l’idée de génie d’intégrer « Rock Around The Clock » dans la bande originale du film The Blackboard Jungle (Graine de violence) : la chanson s’écoule à un million de copies (vingt-cinq millions dans le monde, ce qui en fait l’un des plus gros succès de la chanson populaire), et atteint la septième place des classements.

Bill Haley And The Comets (à l’époque sans nul doute le meilleur groupe de rock’n’roll blanc au monde) ouvrent grandes les portes de la réussite à Elvis Presley .Haley, quant à lui, visage poupin et ridicule accroche-cœur sur un front luisant, continue à produire ce qu’il accomplit au mieux : de la musique. L’embellie (« Crazy, Man, Crazy », « See You Later, Alligator ») ne dure que jusqu’en 1958, année où Haley ne place plus de disques dans le hit-parade. L’Américain n’en devient pas moins le roi du twist à…  Mexico, et poursuit une carrière discographique régulière dans son pays. Il endosse également le costume de sage du rock’n’roll, n’hésitant pas à rendre hommage aux chanteurs noirs (tel Big Joe Turner), fait rarissime à l’époque.

Haley met à profit le revival des années soixante pour offrir un nombre effarant de concerts, et tente de lutter durant la décennie suivante contre un alcoolisme récurrent. Á la fin de sa vie, amer et dépressif, Bill Haley voit son rôle dans le développement du rock and roll diminué par des historiens peu scrupuleux, ou peu documentés.

Aujourd’hui, sa musique lui rend enfin justice. Bill Haley est décédé, victime d’une tumeur au cerveau, le 9 février 1981. Marié trois fois, on le crédite de la paternité de huit enfants. En 2006, l’union astronomique internationale baptise un astéroïde par son nom.

Source Music Story

1953 : Crazy Man, Crazy

1954 : (We’re Gonna) Rock Around the Clock

1954 : Shake, Rattle and Roll

1955 : Birth Of The Boogie

1956 : Rock-A-Beatin’ Boogie

1956 : See You Later, Alligator

1956 : Rip It Up

1956 : Rudy’s Rock

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