Fats Domino

Posted on 01/09/2011

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Chanteur, pianiste, auteur et compositeur, Fats Domino est le plus célèbre représentant du rock’n’roll de La Nouvelle-Orléans. Auteur dans les années cinquante de nombreux succès tels « The Fat Man », « Blueberry Hill » et « I’m Ready » où son sens du swing et sa décontraction légendaire font merveille, et qui lui vaudront d’être le plus important vendeur de disques afro-américain de la décennie, l’octogénaire reste comme l’un des derniers pionniers du rock encore en activité. Son style pianistique hérité du boogie woogie reste immédiatement identifiable. Il est crédité de soixante-cinq millions de disques vendus, et de trente-sept singles classés au Top 40 des classements de vente américains.

Antoine Dominique Fats Domino voit le jour le 26 février 1928 à La Nouvelle-Orléans (Louisiane). Enfant, il est initié au piano, au chant, et au français (sa langue maternelle) par son beau-frère Harrison Verrett (de vingt ans son aîné), donnant son premier concert à peine âgé de dix ans. Il quitte l’école à dix ans, devient ouvrier d’usine, et occupe la scène des night-clubs en soirée. C’est pourtant simplement à dix-neuf ans qu’il décide de devenir musicien professionnel.

Un premier contrat avec le label Imperial lui permet d’enregistrer en 1949 son premier hit : « The Fat Man » (où on évoque les drogues, et au titre duquel il empruntera un surnom, qu’il conservera tout au long de sa carrière, initié par sa surcharge pondérale), est certifié disque d’or, et se vend à un million d’exemplaires. Il rencontre alors Dave Bartholomew, qui devient son manager, producteur, et co-auteur de chansons. Il s’entoure également du batteur Earl Palmer, et des saxophonistes Alvin Red Tyler, Fred Kemp (qui endosse également la fonction de chef d’orchestre), et Herbert Hardesty (qui assurera l’énorme majorité des soli de ses disques).

Les cinq premières années de sa carrière, Fats Domino enregistre ses disques en format 78 tours, tout simplement car 45 et 33 tours ne sont pas encore disponibles sur le marché. Dès 1955, les succès se multiplient : « Whole Lotta Loving », « Ain’t That a Shame » (qui se fraie un chemin dans le Top 10 des charts américains, bien que la version du chanteur blanc Pat Boone recueille davantage de suffrages publics en ces temps de ségrégation), et « Blue Monday » confortent sa stature de vedette internationale. De même, son premier album intitulé Carry On Rockin’ (puis Rock And Rollin’ With Fats Domino) est un succès. On peut le voir en 1956 dans le film The Girl Can’t Help It avec Jayne Mansfield, et il figure également au générique de Shake, Rattle And Roll, The Big Beat, Jamboree et, pour sa dernière apparition à l’écran, dans Red Sails in the Sunset (1967). La même année, sa version de « Blueberry Hill », chanson des années 1940, devient son plus important tube, et se classe en deuxième position des charts. Et Domino, durant ses loisirs, ne dédaigne alors pas de servir de choriste à des chanteurs amis comme Lloyd Price (Fats joue en fait du piano sur « Lawdy Miss Clawdy », standard de ce dernier). Jusqu’en 1959, Fats Domino ne ralentit pas la cadence : « I’m Walkin’ » (repris par Ricky Nelson), « Valley of Tears », « It ‘s You I Love », « Whole Lotta Loving », « I Want To Walk You Home » et « Be My Guest » font les belles nuits des surprises-parties. Après une pause, le chanteur retrouve la faveur des hit-parades, avec « Walkin’ to New Orleans » (1960), et « My Girl, Josephine ».

Contraint de changer de label, Fats Domino se retrouve exilé à Nashville, ses nouveaux producteurs l’orientant, de gré ou de force, vers la country music. Le chanteur s’en sort avec les honneurs, en particulier lorsqu’il interprète des chansons figurant au répertoire d’Hank Williams (« Jambalaya (On The Bayou) »). Mais sa carrière s’en ressent, d’autant qu’il est, durant la fin de la décennie, frappé de plein fouet, à l’instar des autres pionniers du rock’n’roll, par la désaffection du public, et l’invasion des groupes britanniques. Il enregistre néanmoins « Lady Madonna » (ce sera son dernier tube), chanson composée en son hommage par The Beatles en 1968.

Fats Domino décide alors de ne plus quitter La Nouvelle-orléans, et de ne donner des concerts que dans un périmètre restreint autour de la ville, où il est considéré comme une légende vivante. Il y réside dans le quartier ouvrier de son enfance. Fats Domino a été intronisé dans le Rock and Roll Hall Of Fame en 1986. Il est en 1987 récompensé d’un Grammy Award pour l’ensemble de sa carrière. Dans les années 1990, Fats Domino est contraint d’interrompre pour raisons de santé une tournée britannique.

Au mois d’août 2005, à l’approche de l’ouragan Katrina, ses amis tentent – en vain – de le convaincre de prendre la poudre d’escampette. Le musicien décide de rester au chevet de son épouse Rosemary (qui lui a donné huit enfants), gravement malade. Il disparaît dans la tourmente, et tous, manager, famille et public, sont convaincus de son décès. Il a été en fait secouru par l’hélicoptère d’un garde-côte. Tous (jusqu’au président George W. Bush) se mobilisent alors pour venir en aide à celui qui a tout perdu. En 2006, Fats Domino apparaît lors du festival Jazz & Heritage de sa ville, en hommage aux victimes de la catastrophe, et enregistre un album caritatif, Alive and Kickin’. Et il est toujours propriétaire d’une Cadillac rose.

Source Music Story

1949 : The Fat Man

1952 : Goin’ Home

1955 : Ain’t That a Shame

1955 : All By Myself

1955 : Poor Me

1956 : I’m in Love Again

1956 : Blueberry Hill

1956 : Blue Monday

1957 : I’m Walkin’

1959 : I Want to Walk You Home

1959 : Be My Guest