Les Chats Sauvages

Posted on 17/09/2011

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Groupe-symbole de l’arrivée du rock en France et des yéyés, les Chats Sauvages sont restés dans les mémoires comme « le groupe des débuts de Dick Rivers ». Mais cette sympathique formation de rockeurs frenchy valait mieux que la nostalgie ironique dont elle fait aujourd’hui l’objet.

Concurrents directs des Chaussettes Noires d’Eddy Mitchell, les Chats Sauvages voient le jour en 1960, sous l’impulsion d’un groupe d’adolescents, menés par un certain Hervé Forneri. Ce dernier, âgé de quinze ans et revenu enthousiaste d’un voyage aux Etats-Unis, estime avec raison que le temps est venu de faire du rock à la française. Un groupe de cinq copains se forme donc, chacun dissimulant son patronyme honteusement hexagonal derrière un pseudonyme américain des plus flashy : Hervé Forneri devient, comme chacun sait, Dick Rivers ; les guitaristes Jean-Claude et Gérard Roboly laissent respectivement la place à John Rob et James Fawler ; le bassiste Gérard Jaquemus est rebaptisé Jack Regard et le batteur Wiliam Taïeb adopte le nom de Willy Lewis. Le succès ne se fait pas attendre, les maisons de disque étant avides de nouveautés « à l’américaine » : après une brève période de rodage, les Chats Sauvages sont pris sous contrat chez Pathé. L’année 1961 voit la sortie de cinq 45-tours ; le groupe triomphe tout particulièrement avec les chansons « Twist à Saint-Tropez » et « Est-ce que tu le sais ? ». Les Chats Sauvages sont classés numéro deux parmi les rockeurs français, tout juste surpassés en chiffres de vente par Les Chaussettes Noires, leurs rivaux de chez Barclay. La vedette du groupe est bien évidemment Dick Rivers qui, à seize ans, fait preuve d’une grande maturité physique et artistique : le groupe joue un rock guilleret et sans prétentions, certes largement copié sur la mode américaine de l’époque, mais joué avec cœur et énergie. En 1961, les Chats sauvages sortent un album à leur nom.

La grande époque du groupe s’avère cependant éphémère : l’instabilité du poste de batteur (Willy Lewis étant successivement remplacé par Armand Molinetti, Dean Shelton et, last but not least, André Ceccarelli) est d’une importance relative en regard du départ du leader des Chats Sauvages, qui survient à l’été 1962. Désireux de poursuivre une carrière solo, Dick Rivers quitte le groupe après moins de deux ans d’aventure. Le manager du groupe, Ticky Holgado, débauche alors Mike Shannon (de son vrai nom Maurice Simonet), précédemment chanteur du groupe Les Flammes Bleues, et le convainc de le remplacer. Malgré ses qualités, Mike Shannon ne saurait cependant remplacer complètement Dick Rivers, dont le style manque à de nombreux fans du groupe. Les Chats Sauvages enregistrent encore quelques beaux succès (« Sherry », et surtout « Derniers baisers », reprise plus tard par des artistes comme C. Jérôme et Laurent Voulzy) mais leur période de gloire est derrière eux : en 1964, le groupe se sépare, Mike Shannon entamant lui aussi une carrière solo. La nostalgie est cependant la plus forte et les anciens Chats Sauvages se reforment en certaines occasions, bien plus pour marquer le coup que pour envisager un véritable retour : en 1982, les ex-membres du groupe (Dick Rivers compris) sortent un album pour marquer, avec un temps de retard, le vingtième anniversaire du groupe. Si la période « rock français des sixties » est volontiers tournée en dérision, l’aventure des Chats Sauvages reste exemplaire de l’univers musical de la génération baby-boom : les félins perdent peut-être leur poil avec l’âge, mais le rock est aussi éternel que le désir de liberté.

Source Music Story

1961 : Dis-moi si c’est l’amour

1961 : Est-ce que tu le sais?

1961 : Twist à Saint-Tropez

1962 : Derniers baisers

1962 : Sur ma plage

1962 : Tout ce qu’elle voudra