Brigitte Bardot

Posted on 02/10/2011

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Seuls les gens de goût pensent « chanson » autant que « films » quand on évoque le nom de Brigitte Bardot. Muse et interprète, la star mythique a chanté nombre de chansons, souvent adorablement futiles, dont certaines sont restées dans les mémoires.

Brigitte Bardot est déjà une star du cinéma quand elle enregistre son premier 45-tours, la chanson « Sidonie », sur un poème de Charles Cros mis en musique par Jean-Max Rivière et Yanis Spanos, qui vont par la suite accompagner la blonde atomique dans sa carrière discographique. La chanson figure dans le film Vie Privée ; on l’y voit la chanter en s’accompagnant à la guitare, de cette voix mutine à la sensualité perverse incarnée. « Sidonie » sort en super 45-tours en 1962, additionnée de trois thèmes instrumentaux.

Comme ses nombreuses consoeurs comédiennes des sixties, il est évident que Bardot doit chanter et c’est Philips qui lui fait signer un contrat et sort son premier album, un 25 cm, en 1963. Il contient une collection de tubes inoxydables : « L’Appareil à sous » signé Serge Gainsbourg, comme « Je me donne à qui me plaît », deux chansons qui de toute évidence tablent sur l’aura de sex-symbol de leur interprète. L’album contient aussi « La Madrague », de Rivière et Bourgeois et du jazz joyeux avec la reprise de « Everybody Loves My Baby » ou les inédits « Les Amis de la musique », « C’est rigolo »arrangés par Claude Bolling et pour le goût sud-américain de la vedette, « El Chuchipe » ou « Invitango ». L’album est un succès, le public est déjà accoutumé à la voir chanter, puisqu’elle le fait régulièrement lors de ces shows télévisés (souvent pour le premier janvier, star oblige) que diffuse l’unique chaîne française. Trois morceaux ont été enregistrés lors de ces premières sessions, qui n’ont pas été mis sur l’album, dont « La Belle et le blues », signé Gainsbourg, « La Leçon de guitare » en duo avec Olivier Despax et « Tiens c’est toi ! », en duo avec Jean-Max Rivière. On les trouvera plus tard, sur les intégrales en CD. Il faut noter, car c’est unique à cette époque, que cet album sort aux Etats-Unis, avec une pochette différente et sous le titre Brigitte Bardot Sings.

Le temps d’exploiter quelques EP tirés de cette œuvre liminaire et voilà un deuxième album de Brigitte Bardot, B.B. (1964). Un album essentiellement écrit et dirigé par JM Rivière, arrangé par Alain Goraguer (Gainsbourg a établi la connexion) et qui contient quelques gemmes comme « Moi je joue », « Ca pourrait changer » et sa couleur pop yéyé, « A la fin de l’été », « Je danse donc je suis », le brésilien « Maria Ninguen » qu’elle reprend en portugais, ou encore « Mélanie ». Douze chansons où B.B. s’applique à chanter avec un professionnalisme qui ne gomme pas sa candeur. En 1965, elle revient avec un EP inédit incluant « Je manque d’adjectifs » cosigné André Popp, « Les hommes endormis » et deux chansons de Gainsbourg : « Les Omnibus » et surtout « Bubble Gum », qui est resté dans les mémoires, comme un sommet de chanson acidulée. En 1965, sort également la bande originale de Viva Maria, le film de Louis Malle avec les deux stars majeures du cinéma hexagonal, Brigitte Bardot et Jeanne Moreau. Brigitte et Jeanne y chantent de concert « Paris, Paris, Paris », « Ah ! Les p’tites femmes de Paris » et « Maria Maria ». En 1966, Brigitte Bardot sort un nouveau super 45-tours original avec quatre titres de la patte Rivière/Bourgeois, sur des orchestrations de Charles Blackwell, qui a arrangé notamment Françoise Hardy : « Le Soleil », « Gang Gang », « On déménage » et « Je reviendrais toujours vers toi ». Brigitte Bardot enregistre ensuite un monument : « Je t’aime moi non plus », qui restera inédit de longues années. Après sa courte mais intense love affair avec Gainsbourg, elle a épousé le play boy Gunther Sachs et craint que cet enregistrement torride et explicite (les soupirs d’extase que Bardot pousse ici n’ont rien à envier à ceux de celle qui finalement reprendra « le rôle », Jane Birkin, en 1969) ne froisse son frais épousé. Il faudra attendre 1986 pour écouter ce rock & râle dans sa version originelle.

En 1967, la télévision diffuse un événement qui va faire beaucoup pour les premiers émois sexuels de jeunes gens qui sont scotchés devant l’écran : on y diffuse le Bardot Show, une mise en scène explosive et des chansons inédites, avec quelques invités (Sacha Distel, Gainsbourg, tous deux ex-amants de la dame, mais aussi Manitas de Plata, son idole gitane). Dans la pleine maturité de sa beauté, B.B. y est phénoménale et les chansons de Serge Gainsbourg (« Harley Davidson » et « Bonnie & Clyde ») sont des morceaux de légende. « Comic Strip » est tout aussi mythique, avec une Brigitte Bardot en perruque noire éclatant des baudruches en collant parme… Et puis « Contact » et son atmosphère de Spoutnik. Un album distribué par AZ sort en 1968, composé de ces chansons, de reprises de son ancien répertoire et de quelques instrumentaux de Francis Lai. On en remarque la superbe pochette, où une Bardot nue sous l’objectif de Sam Levin jaillit d’un papier kraft… LA même année sort aussi le monument Bonnie & Clyde. Est-ce un album de Gainsbourg ? Un disque de Bardot ? Peu importe, elle chante certains titres, lui en chante d’autres, ils duettisent sur le morceau-titre et c’est du bonheur. Après s’être éloignée des studios, Brigitte Bardot signe un nouveau contrat avec Philips et propose un 45 tours en 1969, « La Fille de paille », couplé avec « Je voudrais perdre la mémoire », deux chansons composées par Gérard Lenorman. Elle ne va plus ensuite enregistrer que des 45-tours simples, le format en vigueur alors. En 1970, elle reprend le hit brésilien « New Yen Que Nas Tem », plus connu par Zanini, qui l’a adapté sous le titre « Tu veux ou tu veux pas ». Il y aura encore « Nue au soleil », une profession de foi en quelque sorte pour la Tropézienne emblématique. Puis ce sera une série de duos : avec Annie Girardot pour la bande originale des Novices, avec Guy Marchand pour celle de Boulevard du rhum, chacun de ces films où elle joue donnant lieu à une chanson. En 1973, c’est « Vous ma lady » avec Laurent Vergez, puis « Le Soleil de ma vie »avec Sacha Distel, qui adapte le « Sunshine of My Life » de Stevie Wonder. Le point final est un single de 1982 attaquant les « vilains chasseurs » : « Toutes les bêtes sont à aimer », qui marque la fin de sa carrière artistique et le début de son sacerdoce en faveur des animaux, les droits de ce 45-tours étant versés à sa fondation naissante.

Source Music Story

1962 : Sidonie

1962 : Tiens, c’est toi ! (w/ Jean-Max Rivière)

1963 : La Madrague

1964 : Everybody loves my baby

1967 : Je t’aime… moi non plus (w/ Serge Gainsbourg)

1967 : Harley Davidson

1968 : Bonnie and Clyde

1968 : Comic strip

1969 : La Fille de paille

1970 : Tu veux ou tu veux pas

1970 : Nue au soleil

1973 : Le Soleil de ma vie (w/ Sacha Distel)

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