Françoise Hardy

Posted on 16/10/2011

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Françoise Hardy reste ce qu’on appelle une icône intouchable, en éternelle orbite autour de la planète show-biz. Après les années yéyé, elle a su entretenir une carrière clair-obscur tout au long des décennies 1970 à 2000. Après un somptueux Tant de Belles Choses en 2004, Madame Jacques Dutronc partage l’album de duos Parenthèses (2006) et sort La Pluie Sans Parapluie en 2010.

Françoise Hardy naît le 17 janvier 1944 à Paris. Elle mène une enfance solitaire auprès de sa mère et de sa soeur, son père ayant été quasi absent. Elle trouve alors refuge dans l’écriture et la littérature. A dix-sept ans, le zodiaque place sa vie sous le signe de la musique. Sa guitare en bandoulière, elle intègre le Petit Conservatoire de Mireille. Elle enregistre chez Vogue un 45 tours 4 titres « Tous les garçons et les filles ». Cette chanson donne d’emblée le ton. La jeune fille filiforme, presque androgyne a quelque chose à part. Françoise Hardy a également la particularité d’être un des rares auteurs-compositeurs de la génération yéyé. Son premier disque se vend donc à deux millions d’exemplaires. Françoise Hardy fait alors la couverture de plusieurs magazines dont Salut les Copains, sous l’objectif de son mentor et compagnon Jean-Marie Perier. Celui-ci représente sa muse à travers de nombreux clichés où elle apparaît à la fois mélancolique et mystérieuse.

1963 : Françoise Hardy, désormais vedette participe au Concours de l’Eurovision (sous la bannière de Monaco) avec la chanson « L’amour s’en va ». L’album Le premier bonheur du jour est dans la lignée de ses récents succès. Elle ressasse les amours de pacotille et les flirts malheureux (« Avant de t’en aller », « L’amour ne dure pas »). Elle a déjà dans le timbre de sa voix une certaine gravité qui donne à chaque chanson un air d’irréversible. Françoise Hardy enchaîne les albums studios : Mon amie la rose (1964), La maison où j’ai grandi (1966) ou Comment te dire adieu (1968). A cette époque, Françoise Hardy a tout de l’égérie incontournable. Elle tourne d’abord dans Grand Prix de John Frankenheimer (1966), ce qui l’amène à faire une tournée de promotion aux Etats-Unis. Elle devient également sous l’impulsion de Jean-Marie Perier une icône pop de la mode. Courrèges, Paco Rabanne, Les StonesBob Dylan… Ils n’ont qu’un seul prénom à la bouche : Françoise. Celle-ci continue donc une carrière florissante entre les tournées à l’étranger (Allemagne, Italie, Canada) et les rencontres musicales prestigieuses.

Paris-Londres : Françoise Hardy vit désormais au rythme de deux planètes envoûtées. Elle se produit à la fois à l’Olympia et au cabaret de l’Hôtel Savoy à Londres. Elle chante donc in English (1966-1969) et taquine toujours le verbe en VF. La chanteuse a beau être un auteur accompli, elle fait appel en 1968 à diverses plumes, Patrick Modiano (« Etonnez-moi… Benoît ! ») et Serge Gainsbourg (« Comment te dire adieu »). Cette chanson reste un de ses plus grands succès. A l’aube des années 70, elle enregistre également deux albums importants : La question (en collaboration avec la musicienne brésilienne Tuca) et Et si je m’en vais avant toi. Ce titre légèrement sombre s’adresse probablement au nouvel homme de sa vie dont elle a un fils le 16 juin 1973 : Jacques Dutronc. L’énigmatique couple n’aura d’ailleurs de cesse de fasciner le grand public, au-delà de la carrière respective des deux artistes. Ce changement de vie familiale amène Françoise Hardy à abandonner ce qu’elle aime le moins dans son métier, à savoir la scène. Ce qui renforce la place presque marginale qu’elle occupe dans le monde de la musique.

1973 : Françoise Hardy semble avoir déjà perdu l’inspiration de la jeunesse, elle qui à trente ans a déjà sorti douze albums. Elle s’intéresse alors à la production musicale d’un artiste en vogue, ex-chanteur yéyé comme elle. Elle enregistre sous la houlette de Michel Berger un de ses classiques : «Message personnel ». L’introduction parlée résonne encore : « Au bout du téléphone, il y a votre voix / Et il y a des mots que je ne dirai pas ». Après l’album Entr’acte (1974), Françoise Hardy marque une première pause. Les mots, elle ne souhaite plus les dire. Le musicien Gabriel Yared la convainc alors de retourner en studio pour l’album Star. Elle collabore avec divers artistes estampillés 70’s dont Michel Jonasz dans J’écoute de la musique saoûle. Cette envolée black music, plutôt inattendue amène de nouveau le succès à Françoise Hardy. La participation d’Etienne Roda-Gil et de Jean-Claude Vannier à l’album A suivre (1981) donne également quelques chansons réussies.

Les années 80, Françoise Hardy tente à nouveau l’éclipse de soleil. Elle avait prévenu son public dans l’album précédent : Quelqu’un qui s’en va. Désormais, elle met plutôt sa notoriété au profit de sa grande passion : l’astrologie. Elle parcourt les télés et les radios afin d’expliquer à quel point certaines de ses « consoeurs » sont à côté de la plaque. Et la musique ? Françoise Hardy semble l’avoir oubliée. Elle renoue d’abord avec la mode du 45 tours unique : « Moi vouloir toi » (1984) et « VIP » (1986). Elle fait un vrai come-back en 1988 avec l’album Décalages. La magnifique chanson « Partir quand même » co-écrite avec Jacques Dutronc reste à nouveau dans les esprits. Cette ballade semble avoir eu raison de Françoise Hardy. Cette fois-ci, elle tourne le dos aux planètes de la chanson pendant presque dix ans.

Françoise Hardy prend en quelque sorte exemple sur sa copine Sheila. Faire le coup des adieux tout en restant un auteur-compositeur actif pour Julien Clerc (« Fais-moi une place »), Jean-Pierre Mader (« En résumé, en conclusion ») et Guesh Patti (« La roue de la fortune »). Seulement, Françoise Hardy a indéniablement le goût du Danger, comme l’indique le titre de son nouvel album. Elle inaugure d’abord sa renaissance avec un single en duo avec Blur, le groupe pop-rock phare de l’époque. L’héroïne du Swinging London n’a rien perdu de sa superbe. Danger, sorti en 1996, a le goût de la souffrance qu’elle partage avec Alain Lubrano et Rodolphe Burger, les réalisateurs de l’album. 2000 : Cette fois-ci, Françoise Hardy renoue en duo avec Jacques Dutronc dans l’album Clair-obscur. Elle reprend en partie des chansons connues dont « Puisque vous partez en voyage » de Mireille et Jean Nohain. Sa maison de disques en profite pour sortir un long box de trois CD. Françoise Hardy se met à nouveau au service d’autres artistes, qu’il s’agisse de collaborations avec Marc Lavoine («Chère amie ») ou Calogero (« Une dernière chance »).

Quoi de plus évident alors que le chouchou invétéré de la scène française Benjamin Biolay entreprenne de travailler avec Françoise Hardy sur l’album Tant de Belles Choses. Françoise Hardy fait également appel à Perry Blake ou Thomas Dutronc, son fils, devenu guitariste réputé de jazz manouche. Elle reçoit le 5 mars 2005 le trophée de l’artiste interprète féminine de l’année aux Victoires de la musique. Elle a également récemment participé à l’album Monsieur Gainsbourg Revisited en compagnie de Brian Molko. En 2006, Madame Hardy fait son album de duos Parenthèses avec des voix célèbres comme celles de Julio Iglesias, Ben Christophers, Arthur H, Henri Salvador, Maurane, Benjamin Biolay, Rodolphe Burger, Hélène Grimaud et les Alain Bashung, Delon et Souchon. Elle partage « Amour toujours, tendresses, caresses » avec son mari. Quatre ans après Parenthèses, Françoise Hardy est de retour avec un album original. La Pluie Sans Parapluie convoque une pléiade d’auteurs et compositeurs comprenant les fidèles Alain Lubrano, Thierry Stremler, Ben Christopher, Pascale Daniel et les nouveaux venus Jean-Louis Murat (« Memory Divine »), Calogero (« Noir sur blanc »), Arthur H (« Les Mots s’envolent ») et La Grande Sophie. Tant de belles choses… Un titre qui résume si bien la carrière de Françoise Hardy. Elle n’a jamais défrayé la chronique. Elle a juste su traverser les époques, au gré de choix artistiques subtils. Sans perdre son public. En restant elle-même. « Classieux » aurait dit le maître Gainsbourg.

Source Music Story

1962 : Tous les garçons et les filles

1962 : J’suis d’accord

1962 : Le temps de l’amour

1963 : Le premier bonheur du jour

1963 : L’amour s’en va

1964 : Only friends (Ton meilleur ami)

1964 : Mon amie la rose

1965 : Dans Le Monde Entier

1965 : L’amitié

1966 : La maison où j’ai grandi

1967 : Voilà

1968 : Comment te dire adieu ?

1973 : Message personnel

1978 : J’écoute de la musique saoûle

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