Whitney Houston

Posted on 21/11/2011

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Qui n’a jamais, dans les années 1980-90, dansé langoureusement sur un slow de Whitney Houston ? Authentique enfant de la musique noire américaine, la diva aux cordes vocales en or a su réaliser un mariage harmonieux du Gospel, de la pop et du R&B, pour atteindre à un très jeune âge les cimes du show-biz et le statut de star mythifiée. Une ascension météorique, hélas éclipsée par un déclin douloureusement en décalage avec l’image lisse d’une vedette tout public. La diva tente un retour en 2009 avec I Look to You.

Whitney Houston est née le 9 août 1963, à Newark (New Jersey, Etats-Unis) et on peut écrire sans craindre les clichés qu’elle a baigné dans la musique dès sa plus tendre enfance. Sa mère, Cissy Houston, est une chanteuse renommée de soul et de gospel ; Whitney a également pour marraine rien moins qu’Aretha Franklin et pour cousine la star de la pop-soul Dionne Warwick. Là où l’environnement de talents musicaux écrasants pourraient décourager certains de poursuivre dans les métiers artistiques, la petite Whitney commence rapidement à donner elle aussi de la voix, d’abord dans des chorales d’église, où son talent lui vaut rapidement d’interpréter des airs en solo ; on commence déjà à remarquer son joli minois et sa belle voix de soprano. Elle accompagne sa mère en tournée et décroche assez vite des contrats d’enregistrement : en 1977, âgée de quatorze ans, elle est la chanteuse vedette de l’ensemble musical Michael Zager Band, pour les besoins de l’album Life’s A Party. Tout en poursuivant, sur l’injonction de sa mère, sa scolarité pendant quelques années, Whitney Houston décroche des cachets comme choriste en travaillant avec des artistes comme Chaka Khan ou Lou Rawls. Elle met également à profit son physique avantageux pour travailler comme mannequin, et apparaît en couverture de magazines comme Seventeen et Glamour. Décidée à ajouter des cordes à son arc, elle prend des cours de danse et de comédie, apparaissant en tant qu’actrice dans des publicités et des sitcoms comme Allô Nelly bobo.

A dix-huit ans, Whitney Houston passe sous contrat avec le manager Gene Harvey, qui, conscient d’avoir de l’or entre les doigts, lui fait encore travailler sa voix et pétrit amoureusement son image de vedette potentielle. En 1983, elle signe chez Arista Records, dont le boss, Clive Davis, a été subjugué par l’une de ses prestations sur la scène d’un nightclub. Grand manitou de la musique, Davis voit en Whitney Houston le potentiel d’une Diana Ross, capable d’apporter à la pop un peu plus de la richesse de la musique noire américaine. L’équipe d’Arista Records prend son temps et amasse avec une relative difficulté les titres convenant à leur nouvelle recrue, tous les producteurs de chanson n’étant pas encore convaincus de l’intérêt de confier leurs meilleurs nouveaux titres à une inconnue. En 1984, Whitney Houston chante en duo avec la vedette soul Teddy Pendergrass sur le titre « Hold Me », qui constitue son premier vrai hit. En février 1985 sort Whitney Houston, premier album de la chanteuse. Les ventes n’ont initialement rien de spectaculaire, mais le succès d’un déluge de singles tirés de l’album les entraînent sans cesse vers le haut : l’album met un an à grimper au sommet du hit-parade américain, où il reste ensuite durant plus de trois mois. Les ventes se chiffreront finalement à treize millions d’exemplaires, ce qui correspond à un résultat record pour un premier album (record qui ne sera battu qu’en 1999, avec Baby One More Time, de Britney Spears). A ces résultats rondelets répond un succès critique, la presse s’enthousiasmant pour la voix de Whitney et sa puissance d’émotion. Le fait d’avoir interprété le duo « Hold Me » l’année précédente prive cependant Whitney Houston du Grammy Award du meilleur artiste émergent, mais elle peut se consoler avec le prix de la meilleure chanteuse pop.

Surfant sur la vague de son succès américain, Whitney se déplace sur les plateaux télé internationaux, et connaît un début médiatique mémorable en France, dans l’émission Champs-Elysées, présentée par Michel Drucker, où un Serge Gainsbourg quelque peu déphasé et visiblement sensible à son charme, lui déclare en direct « I want to fuck you ». Au-delà de cet épisode pantalonnesque, la carrière de Whitney Houston est désormais une énorme machine commerciale bien huilée : son second album, intitulé sobrement et – avouons-le – sans grande imagination Whitney, est le premier à débuter directement à la première place des ventes, simultanément aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. 20 millions d’exemplaires vendus n’empêchent pas les premières critiques de venir écorner le mythe Whitney Houston : certains trouvent sa musique trop lisse et formatée, et quelque peu indigne de son talent vocal. Avec un nouveau Grammy Award en poche  – meilleure chanteuse Pop pour le single « I Wanna Dance with Somebody (Who Loves Me) » – Whitney Houston réalise en 1988 une tournée mondiale, avant de travailler à un troisième album destiné en partie à éteindre le feu des critiques : I’m Your Baby Tonight et le single homonyme remportent à nouveau un grand succès commercial, tout en prouvant la capacité de la chanteuse à adopter des rythmes plus nerveux et moins sirupeux. Des collaborations avec des artistes comme Luther Vandross et Stevie Wonder viennent épicer un album qui confirme la série de triomphes de Whitney Houston.

Toute médaille a son revers, et la gloire de Whitney Houston lui vaut l’attention de certains échotiers qui lancent la rumeur de son homosexualité, ce que la jeune femme bien élevée prend assez mal. Un ragot qui sera démenti par la relation de la chanteuse avec le chanteur de R&B et de hip-hop Bobby Brown, nouvelle idole des jeunes après sa participation au Boys’ Band New Edition ; les deux jeunes gens se rencontrent en 1989 et se marient trois ans plus tard.  Dans le même temps, Whitney Houston poursuit son exploration des hautes sphères du show-biz, interprétant aux côtés de Kevin Costner le rôle féminin principal du thriller Bodyguard ; elle a l’originalité d’y jouer une chanteuse, ce qui lui permet d’interpréter six chansons pour la Bande Originale du film, dont un slow repris chez Dolly Parton, « I Will Always Love You », monstrueux succès qui s’affirmera comme l’un de ses principaux standards. Le grand succès commercial du film n’empêche pas une partie de la critique de tomber à bras raccourcis sur Whitney Houston, dont le jeu d’actrice est jugé peu convaincant. Elle retentera l’expérience dans plusieurs autres films, dont La Femme du pasteur (avec Denzel Washington), qui remportera un certain succès aux Etats-Unis ; la prestation de comédienne de Whitney est cependant éclipsée par la bande originale, dont elle interprète les chansons, et qui a la distinction d’être l’album de Gospel le plus vendu de tous les temps. Dans le même temps, la vie privée de la chanteuse commence à dérailler quelque peu, et les premières rumeurs de tension au sein de son couple sont complaisamment relayées par certains médias : Bobby Brown serait un gougnafier à la main leste, coureur de jupons, et aigri par le succès de son épouse. Ces échos de presse n’empêchent pas Whitney Houston de continuer sa carrière ; après un dernier film en tant qu’actrice en 1997, elle s’éloigne de l’industrie du cinéma pour revenir au travail en studio : My Love Is Your Love, aux sonorités très funky, comprend notamment un duo avec Mariah Carey, « When You Believe ». Dix millions d’exemplaires vendus, et d’excellentes critiques par-dessus le marché, sont suffisants pour donner à la carrière musicale de Whitney Houston le coup de fouet attendu.

En 2001, elle décroche le jackpot en renouvelant pour 100 millions de dollars son contrat chez Arista Records. Mais son image publique commence à souffrir sérieusement des rumeurs sur sa vie privée : suite à la découverte de marijuana dans les bagages du couple Houston-Brown, on la dit droguée, ce qu’elle dément. En novembre 2001, apparaissant au spectacle donné pour le 30ème anniversaire de carrière de Michael Jackson, elle étonne par son aspect malingre, presque anorexique. Des rumeurs la disent cloîtrée chez elle, vivant dans un état de semi-abandon. Elle finira par avouer fin 2002 avoir abusé d’alcool et de drogues. Cela se ressent dans les ventes de ses albums : Just Whitney, aux sonorités mixées de rap grâce à des collaborations avec son mari et Missy Elliott – Carlos Santana vient également gratter de la guitare – atteint des chiffres de ventes honorables, mais éloignées de ses scores habituels ; One Wish est par contre un échec selon les standards commerciaux de l’artiste (moins de 500 000 exemplaires vendus). Whitney Houston finit par remettre à plat sa vie privée en se séparant de Bobby Brown et en entrant en cure de désintoxication courant 2006. Ayant définitivement divorcé du trop remuant Brown au printemps 2007, gardant au passage la garde de leur fille, Whitney Houston entame ensuite la préparation de son album come-back.

Chanteuse-symbole des années 1980-90, Whitney Houston aura su s’affirmer comme une star authentique, peut-être trop lisse et intouchable pour que ses déboires personnels ne soient suivis par les médias avec une curiosité malsaine. Quoiqu’il en soit, la diva tente un retour difficile en 2009 avec la parution de I Look to You, comprenant des contributions d’Alicia Keys, R. Kelly et Akon. Son passage sur scène n’est pas à la hauteur des espérances et de l’organe de la chanteuse.

Source Music Story

1984 : Hold Me (w/ Teddy Pendergrass)

1985 : You Give Good Love

1985 : Saving All My Love for You

1985 : How Will I Know

1986 : Greatest Love of All

1987 : I Wanna Dance with Somebody

1987 : Didn’t We Almost Have It All

1987 : So Emotional

1988 : Where Do Broken Hearts Go

1988 : One Moment in Time

1990 : I’m Your Baby Tonight

1990 : All the Man That I Need

1992 : I Will Always Love You

1993 : I’m Every Woman

1993 : I Have Nothing

1995 : Exhale (Shoop Shoop)

1996 : I Believe in You and Me

1999 : Heartbreak Hotel (w/ Faith Evans and Kelly Price)

1999 : It’s Not Right but It’s Okay

1999 : My Love Is Your Love

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