Everything but the Girl

Posted on 11/12/2011

0


Duo britannique réunissant la chanteuse Tracey Thorn et le poly-instrumentiste Ben Watt, Everything But the Girl réalise un remarquable premier album Eden (1984), distillant une pop léchée aux accents bossa-nova. Poursuivant leur évolution dans l’univers jazz, il rencontre un vif succès avec le titre « I Don’t Want To Talk About It » (1988) puis, effectuant une orientation surprenante sous l’influence du trip-hop, avec un des grands tubes de l’année 1995, « Missing ».

Le groupe de pop folk britannique Everything But the Girl, nom tiré d’un slogan publicitaire, naît de la rencontre, en 1982, de la chanteuse Tracey Thorn et du guitariste, pianiste et chanteur Ben Watt, étudiants à la Hull University qui s’unissent pour une reprise du « Night and Day » de Cole Porter. Née le 26 septembre 1962 à Brookman’s Park, Tracey Thorn s’était illustrée au sein des Marine Girls puis sur un album solo A Distant Shore (1982), tandis que Ben Watt, né le 6 décembre 1962 à Londres, était issu du jazz à l’image de son disque North Marine Drive (1983).

Fort du succès remporté par cette reprise, Everything But the Girl enregistre l’album Eden (1984), au style très influencé par le jazz et la bossa-nova et remarqué par le simple « Each and Everyone », suivi de Love Not Money (1985). Emergeant dans une Angleterre alors ébranlée par les réformes thatchériennes, Everything But the Girl se situe dans la lignée de groupes tels que Weekend ou The Smiths.

Avec Baby, The Stars Shine Brights (1986) incluant les simples « Come on Home » et « Don’t Leave Me Behind », Everything But the Girl, accompagné d’un orchestre symphonique, s’oriente vers une pop plus pailletée en s’appuyant sur des textes davantage concernés par le sexe que par la politique, où se révéle une Tracey Thorn influencée par la voix de Patsy Cline.

Reprise d’un titre de Danny Whitten, « I Don’t Want To Talk About It », présent sur l’album Idlewild (1988) plus accessible, devient le premier gros tube d’Everything But the Girl, le groupe opérant un retour vers le jazz pour offrir d’élégantes mélodies dans un climat désenchanté.

Marquant une volonté de retour au style des débuts, The Language of Life (1990) est réalisé avec la collaboration de Joe Sample des Crusaders, Russell Ferrante des Yellowjackets, Michael Brecker, et le prestigieux saxophoniste Stan Getz sur un titre. Worldwide (1991) confirme le déclin du groupe qui sort Acoustic (1992) constitué de reprises telles « Tougher Than the Rest » de Bruce Springsteen, « Alison » d’Elvis Costello ou « Downtown Train » de Tom Waits.

Gravement malade, Ben Watt réchappe miraculeusement à la mort et est contraint à une longue convalescence, au demeurant salvatrice pour le groupe. Il s’intéressera en effet à l’émergence d’un nouveau courant, celui de la drum’n’bass, au début des années 1990. Fruit de cette remise en question stylistique, tout en restant acoustique, et rafraîchi par l’apport du contrebassiste Danny Thompson et du guitariste Richard Thompson, Amplified Heart (1994) octroie une dimension presque légendaire au groupe par la seule présence du titre « Missing », dont la version remixée par Todd Terry deviendra un tube planétaire.

Egalement fort de la collaboration au Protection (1994) de Massive Attack, avec deux titres invitant Tracey Thorn au chant et un titre cosigné par Ben Watt, Everything But the Girl change audacieusement de cap en empruntant la voie du trip-hop. Ainsi l’album Walking Wounded (1996) illustre-t-il des nouvelles sonorités jungle et drum’n’bass du duo, également redevables aux climats instigués par Tricky, Björk ou Portishead. L’orientation électronique se confirme sur un Temperamental (1999) stylé plus house.

Everything But the Girl se contentera par la suite de compilations et d’albums de remixes, le couple se consacrant en effet davantage à sa vie de famille, auprès de leurs trois enfants, ainsi qu’à des projets solos, avec notamment l’album Out of the Woods (2007) pour Tracey Thorn et une carrière de DJ et producteur pour Ben Watt.

Source Music Story

1982 : Night and Day

1984 : Each & Every One

1984 : Native Land

1984 : Mine

1985 : When All’s Well

1985 : Angel

1986 : Come on Home

1986 : Don’t Leave Me Behind

1988 : I Don’t Want to Talk About It

1988 : These Early Days

1988 : I Always Was Your Girl

1988 : Love Is Here Where I Live

1990 : Take Me

1990 : Driving

1991 : Twin Cities

1991 : Old Friends

1994 : Rollercoaster

1995 : Missing (Todd Terry remix)

1996 : Walking Wounded

1996 : Wrong (Todd Terry remix)

1996 : Single

1997 : Before Today

1998 : The Future of the Future (Stay Gold) (w/ Deep Dish)

1999 : Five Fathoms

1999 : Blame

1999 : Temperamental

1999 : Lullaby of Clubland