Genesis

Posted on 29/01/2012

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Genesis a popularisé un rock théâtral et progressif au milieu des années 70 avec Nursery Crime (1971) et Foxtrot (1972). Peter Gabriel tire sa révérence après The Lamb Lies Down on Broadway (1974), chef d’oeuvre inclassable. Phil Collins cumule alors les fonctions de batteur et de chanteur, Genesis devient un groupe moins singulier, les albums Abacab (1981), Genesis (1983) et We Can’t Dance (1991) tirent de plus en plus vers une pop rock sans originalité majeure.

Peter Gabriel et Tony Banks se rencontrent en 1963 au collège de Charterhouse à Godalming (Surrey). Ils fondent The Garden Wall. Anthony Phillips et Michael Rutherford, fervents adeptes de la guitare à 12 cordes fondent un groupe, the Anons (les Anonymes). Les deux groupes fusionnent et The Anons devient le futur Genesis.

Un ancien élève, Jonathan King, s’occupe du groupe. Début 1968 sortent deux singles : « A Silent Sun », puis « A Winter’s Tale ». Tous deux sont des échecs. King poursuit l’aventure et fait enregistrer un album au groupe. L’album ne porte aucun nom de groupe, il s’intitule From Genesis to Revelation.

Genesis passe alors de longs mois à composer et à répéter. Les progrès sont immenses et deux longs morceaux sont composés. Ils sont bientôt joués sur scène périodiquement dans un club londonien : le Ronnie Scott’s. Genesis y est repéré par sa future maison de disques : The famous Charisma Label. Tony Stratton-Smith, le patron de Charisma leur laisse le choix des morceaux, titre et couverture de l’album qu’il enregistrent sous sa houlette : Trespass. La sonorité de Genesis est cette fois bien trouvée. Genesis, c’est aussi une énergie indomptable : « The Knife », en regard de la douceur presque médiévale du reste du disque, est terriblement acerbe.

Le succès se prolonge surtout sur scène. Genesis est à l’affiche du Charisma Show, une initiative de Stratton-Smith pour faire découvrir ses trois groupes au public (Genesis, Lindisfarne et Van der Graaf Generator). Les élucubrations scéniques qui deviendront la marque de fabrique du groupe font leur apparition, le rock théâtral est en marche. Anthony Philips, compagnon des premiers jours et ami de Mike Rutherford, va ensuite choisir de quitter le groupe.

Restés seuls, Tony, Peter et Mike recrutent un batteur par petites annonces. Phil Collins, batteur anonyme et autrefois enfant comédien est recruté. Le remplaçant d’Anthony Philips sera plus difficile à trouver. Un certain Mick Barnard assure l’intérim quelques mois. Enfin Steve Hackett rejoint le groupe. La formule Genesis ainsi constituée (Gabriel – Hackett – Banks – Collins – Rutherford) écrit les plus fameuses pages du groupe.

Cela commence en 1971 avec Nursery Cryme. Genesis se fait conteur, ses chansons racontent des histoires cruelles, à moitié enfantines et totalement perverses, à mi-chemin entre Jack l’Eventreur et Alice au Pays des Merveilles.

Sur scène, Peter se coiffe désormais d’un masque à tête de renard et porte une grande robe rouge appartenant à sa femme. En 1972, l’album Foxtrot propulse le groupe au sommet. Il comporte l’immense pièce « Supper’s Ready », et le disque devient un succès européen. Puis vient, en 1973, Selling England by the Pound, où les musiciens, âgés de 21 à 23 ans, font preuve d’une maturité exceptionnelle.

Genesis est devenu en trois ans un groupe adulé, un symbole du rock théâtral, une figure de proue du rock progressif. Peter Gabriel en est devenu la star malgré lui. Il écrit une nouvelle : The Lamb Lies Down on Broadway, qui devient le livret d’un véritable opéra-rock. Ce disque sonne la fin de l’âge d’or du groupe, Peter Gabriel vit mal sa création et se sent attiré par d’autres formes d’expression. Il quitte le groupe après un dernier concert en France.

Après avoir auditionné quelques chanteurs, ils décident finalement de confier le chant à Phil Collins, dont le registre de voix est proche de celui de Peter Gabriel, et qui a toujours été le choriste du groupe. Il n’en abandonne pas les fûts pour autant, et se fait remplacer à la batterie sur scène. Sur les deux albums sortis en 1976, A Trick of the Tail et Wind & Wuthering, le son est beaucoup plus net, plus propre, et un peu plus aseptisé que sur les précédents albums. Les prestations scéniques s’orientent vers le grand spectacle à la Pink Floyd, des light-shows immenses dans de grandes salles, et l’âge du rock théâtral est terminé.

Sur Wind & Wuthering, album plus mélancolique, Steve Hackett fait preuve d’une créativité jusqu’alors insoupçonnée.

Steve devient en fait tellement productif qu’il choisit de quitter le groupe pour se lancer dans une carrière solo prolifique mais mésestimée. Restés à l’état de trio, Phil, Mike et Tony enregistrent …And Then There Were Three en 1978. Pour beaucoup de fans, à partir de cet album le groupe n’est plus le même.

En 1980 le groupe se reforme dans un contexte très particulier. Phil revient en Angleterre, divorcé et détruit par l’échec de sa vie de couple. Fait nouveau, Phil se met à composer activement, alors qu’auparavant il ne collaborait que de loin à l’écriture des morceaux. Genesis revit. Une sorte d’album-concept autour du thème de la vie de star prend forme, il s’intitule Duke. Ce qui est originellement une suite d’une bonne demi-heure est éclaté dans l’album émaillé d’autres chansons. L’album Duke, sorti en 1980, est le véritable album de transition dans la carrière du groupe.

Le succès est au rendez-vous et avec l’album suivant, Abacab, Genesis plonge le pied dans la new-wave. En 1983 sort un album éponyme, aussi parfois appelé Mama à cause de sa chanson-titre. Cette chanson réussit d’ailleurs la prouesse d’être un tube, alors qu’elle dure près de 7 minutes et part d’une expérimentation autour des percussions. Genesis devient un groupe adulé et le succès est immense, notamment aux Etats-Unis.

Un nouvel album sort en 1986, Invisible Touch qui cumulera les disques d’or et les succès en single. Le groupe revient en 1991 pour connaître un nouveau succès mondial avec l’album We Can’t Dance, dont la chanson-titre est la plus connue du groupe. La tournée mondiale qui s’ensuit donne lieu à deux albums live : The Way We Walk volumes 1 et 2. Le premier est consacré aux chansons les plus célèbres des derniers albums. Le second à de longs morceaux, dont un époustouflant medley reprenant les titres des années 70.

Dans les années 90 le groupe devient silencieux puis semble dissous quand, en 1996, Phil Collins annonce le quitter pour se consacrer uniquement à ses projets en solo.

Genesis se reforme pourtant en 1997, avec Ray Wilson au chant. Le jeune chanteur est alors présenté comme «le remplaçant de Peter Gabriel» après tant d’années de vacance. L’album sorti cette année-là, Calling All Stations, passera relativement inaperçu en regard des succès précédents. Il laisse espérer une reformation et un nouvel avenir, mais l’aventure tournera court. Depuis lors, Genesis n’a été reformé qu’une fois en 1999, à cinq, avec Peter Gabriel, Phil Collins et Steve Hackett. Ce fut l’occasion de la sortie du formidable coffret Genesis Archives, et du ré-enregistrement d’un extrait de The Lamb Lies Down on Broadway : « Carpet Crawlers ».

Source Music Story

1968 : The Silent Sun

1974 : I Know What I Like (In Your Wardrobe)

1978 : Follow You Follow Me

1980 : Misunderstanding

1981 : No Reply at All

1983 : Mama

1986 : Invisible Touch

1986 : Land of Confusion

1987 : In Too Deep

1987 : Tonight, Tonight, Tonight

1991 : No Son of Mine

1991 : I Can’t Dance

1992 : Hold on My Heart

1992 : Jesus He Knows Me