Cyndi Lauper

Posted on 15/02/2012

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« Girls just want to have fun ! »…Si les années 1980 et leur idéal de saine branchitude urbaine pailletée devaient avoir un hymne, ce serait sans doute cette chanson de Cyndi Lauper. Un temps considérée comme la rivale de Madonna, la pétulante new-yorkaise n’est cependant pas la femme d’un seule tube : malgré le passage des modes et une carrière inégale, sa présence dans l’univers Pop-Rock va au-delà de la chanteuse-kleenex.

C’est à Brooklyn (New York, Etats-Unis) que Cynthia Anne Stephanie Lauper voit le jour, le 22 juin 1953. Ses parents divorcent tôt, et la mère de Cyndi doit déménager dans un quartier pauvre du Queens, travaillant comme serveuse pour nourrir ses trois enfants. La jeune fille se réfugie dans la musique et apprend rapidement à jouer de la guitare : elle commence à écrire des textes et à expérimenter des coiffures et garde-robes aussi fantaisistes que colorées. Encore adolescente, elle quitte un temps le domicile familial, suit des études d’art dans le Vermont et bourlingue un peu, avant de revenir à New York. Au milieu des années 1970, Cyndi Lauper satisfait sa vocation musicale en chantant dans des petits groupes locaux : une carrière qui manque vite d’être tuée dans l’œuf quand, en 1977, la jeune fille doit prendre un an de repos pour soigner ses cordes vocales. Ayant récupéré sa voix grâce à des cours intensifs avec un coach vocal, elle fonde avec John Turi le groupe Blue Angel, qui signe en 1980, chez Polydor Records, un album éponyme dans la mouvance New Wave. Mais, malgré de bonnes critiques, l’album se vend médiocrement ; en outre, le groupe a la mauvaise idée de se séparer de son manager, lequel réagit en les attaquant en justice pour rupture de contrat : Cyndi Lauper se retrouve sur la paille et le groupe n’y survit guère. La chanteuse gagne de quoi manger en se produisant dans des clubs : à la faveur de l’un de ses concerts, elle rencontre le manager David Wolff, qui devient son compagnon et prend sa carrière en main. Wolff l’aide à décrocher un contrat chez Columbia.

A l’automne 1983 sort le premier album solo de Cyndi Lauper, She’s So Unusual, qui se révèle un énorme succès. C’est d’abord le pétillant « Girls Just Want to Have Fun », où la voix haut perchée et faussement gamine de Cyndi Lauper fait merveille : ce dynamique morceau Pop devient aussitôt un tube international, s’affirmant comme l’une des chansons-symboles de la décennie 1980. Le look de Cyndi Lauper et ses cheveux roux coiffés en pétard, font des ravages parmi les jeunes filles, contribuant à lancer la mode « poupée énervée post-punk ». La ballade « Time After time » est également un carton, cimentant le succès de Cyndi Lauper qui prouve la plasticité de son talent de chanteuse. La promotion de l’album bénéficie notamment de la nouvelle industrie du vidéo-clip, qui devient dans les années 1980 un outil indispensable de promotion des chansons : le clip de « Girls Just Want to Have Fun », notamment, passe en boucle sur MTV, faisant de Cyndi Lauper non seulement une star de la chanson, mais une star de la télévision. La chanteuse parachève le succès de l’album en empochant le Grammy Award de la révélation de l’année.

Catapultée au sommet du vedettariat, Cyndi Lauper se retrouve mêlée à des évènements médiatiques qui, en dehors des Etats-Unis, apparaissent d’un exotisme assez délirant : sur l’instigation de son manager, la chanteuse se met en effet à fréquenter assidûment le milieu du catch, se produisant avant des matchs, se livrant à des pitreries savamment mises en scène avec des vedettes comme Hulk Hogan et Roddy Piper, ou jouant les « manager » de la catcheuse Wendi Richter, dont « Girls Just Want to Have Fun » devient la chanson emblématique. Cyndi Lauper n’en oublie heureusement pas la musique, et se voit même maintenue sur le devant de la scène par Steven Spielberg en personne, qui lui demande d’écrire des titres pour sa nouvelle production, Les Goonies : outre la composition de plusieurs morceaux pour la B.O., la chanteuse interprète « The Goonies ‘R’ Good Enough », la chanson principale de ce petit hit.

En 1986, Cyndi Lauper sort enfin son second album, True Colors, qui n’égale pas le triomphe du précédent, mais remporte tout de même un important succès, notamment grâce à la chanson-titre. Cyndi Lauper continue de se produire dans le monde entier, se payant même le luxe d’interpréter, avec le chanteur soviétique Igor Nikolaev, le titre « Cold Sky », qui ambitionne d’être la chanson-symbole de la détente entre Est et Ouest. On la voit également, comme sa concurrente Madonna, se risquer au cinéma en interprétant quelques films. Mais, avec la sortie en 1989 de son troisième album, A Night to Remember, se révèle une déception commerciale. Au tournant de la décennie, le style Pop-Dance de Cyndi Lauper fait moins recette.

En 1992, elle se relance en Europe, et notamment en France, avec le succès de la chanson « The World is Stone », issue de Tycoon, la version anglaise de la comédie musicale Starmania. Le single n’est cependant pas distribué aux Etats-Unis, où Cyndi n’a plus la cote : en 1993, malgré de bonnes critiques, l’album Hat Full of Stars n’est pas considéré comme un succès commercial. L’année suivante, Twelve Deadly Cyns… And Then Some, qui comprend des nouvelles versions de « Time after time » – entre-temps devenu un classique repris par Miles Davis ! – et « Girls Just Want to Have Fun », se vend bien à l’international, notamment au Royaume-Uni, mais doit attendre un an pour sortir laborieusement aux Etats-Unis.

C’est via la communauté homosexuelle que Cyndi Lauper retrouve le succès : en 1997, son album Sisters of Avalon, sans bouleverser les chiffres de ventes au niveau mondial, fait un triomphe chez les « gays ». Cyndi apparaît dès lors régulièrement dans des gay prides, se produisant devant des publics homosexuels dans le monde entier et retrouvant une certaine branchitude. Cette nouvelle visibilité est encore renforcée par sa participation à la tournée de Tina Turner, dont elle réalise la première partie. Après quelques mésaventures (son album Shine voit sa sortie d’abord retardée par la faillite de son label, puis compromise quand les chansons sont illégalement diffusées sur internet), Cyndi Lauper retrouve le succès en 2003 avec l’album At Last, un album de reprises qui se vend à plus de quatre millions d’exemplaires. Elle exploite à nouveau son catalogue en 2005 avec l’album The Body Acoustic, où elle reprend plusieurs de ses anciens succès – avec tout de même quelques nouveautés – en version acoustique. Deux ans plus tard, elle montre sa fidélité à ses fans de la communauté homosexuelle en animant la tournée américaine True Colors Tour 2007, un spectacle de soutien à la communauté « gay ». Grâce à la nostalgie des années 1980 et à la tendresse d’une certaine frange du public, la carrière de Cyndi Lauper a retrouvé des couleurs, l’amenant à sortir au printemps 2008 un nouvel album, orienté Dance, Bring Ya to the Brink. On enterre toujours trop vite les soi-disant « has-been ».

Source Music Story

1983 : Girls Just Want to Have Fun

1984 : Time After Time

1984 : She Bop

1985 : The Goonies ‘R’ Good Enough

1986 : True Colors

1986 : Change of Heart

1987 : What’s Going On

1988 : Hole in My Heart (All the Way to China)

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