Bananarama

Posted on 23/02/2012

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Les girls groups ne sont pas l’apanage des sixties. Les Bananarama, soit trois anglaises délurées, ont laissé leur empreinte sur les années 80 à grands coups de pop songs sucrées (« Shy Boy » puis « Robert de Niro’s Waiting » et « Cruel Summer » en 1983) et, souvent, de reprises bublegum adorables (« Venus »). Malgré le départ de sa chanteuse Siobhan Fahey et de sa remplaçante Jacquie O’Sullivan, Bananarama survit aux années 90 et 2000.

En général, ce genre de groupe est constitué par casting, mais Bananarama est un vrai groupe, réuni par affinités électives, avec une histoire qui remonte loin puisque deux d’entre elles étaient amies depuis l’âge de 4 ans (!) et ont partagé les mêmes bancs d’école. C’est donc tout naturellement que Keren Woodward et Sara Dallin, avec Siobhan Fahey, rencontrée à l’adolescence, forment un trio vocal. Elles ont grandi avec le mouvement punk, et leur réputation grandit très vite au sein de la scène post-punk londonienne, où elles sévissent à faire des chœurs pour Monochrome Set, The Jam, Fun Boy Three et quelques autres. Ce sont même deux ex-Sex Pistols, dont elles sont voisines de palier, qui les aident à enregistrer une maquette qui les fait signer chez Decca en 1981.

Elles sont alors prises en main par une équipe de compositeurs et producteurs réputée, Steve Jolley et Tony Swain, qui auront à leur palmarès Imagination, Spandau Ballet, Kim Wilde et quelques autres gros succès (avant de finir, pour Jolley, en prison plusieurs fois pour pédophilie, dans les années 2000). Le premier album de Bananarama, Deep Sea Skiving, en 1983, les classe d’entrée dans les charts avec les tubes « Really Saying Something », et « Shy Boy » sortis en simple l’année précédente. Le deuxième album, Bananarama (1984), contient quelques chansons moins légères, mais on se souvient encore une fois des hits majeurs, « Robert de Niro’s Waiting » et surtout « Cruel Summer » qui figure dans la B.O. du film à succès Karaté Kid.

Dorénavant établi comme figure incontournable de la pop post-new wave, le trio s’essaye à une nouvelle collaboration, avec le trio de producteurs Stock, Aitken et Waterman, coupable à cette époque d’une floppée de n°1, pour Kylie Minogue, Rick Astley etc, mais qui à cette époque ont surtout comme référence le « You Spin Me Round » de Dead Or Alive. Avec eux, Bananarama revisite le « Venus » du groupe hollandais Shocking Blue, un des hits de marbre de la fin des sixties. En 1985, « Venus » devient n°1 à travers le monde, presque vingt ans plus tard. Le troisième album de Bananarama, True Confessions, est encore produit et écrit en majorité par Swain & Jolley, mais les deux hits de Stock Aitken & Waterman qu’il contient incite le trio de filles à confier la production du suivant, Wow, à cette équipe de gagnants, qui font évoluer leur son vers une couleur plus eurodance.

Ce n’est pas le seul changement notable : Siobhan Fahey épouse Dave Stewart, d’Eurythmics, et quitte le groupe (on la retrouvera plus tard dans une formule en duo, dans The Shakespeare Sisters). Cette défection n’empêche pas l’album d’enchaîner les hits : « I Heard a Rumour », « Love in the First Degree » et « I Can’t Help It » se suivent dans les charts. Mais il faut trouver une remplaçante à Siobhan Fahey, d’autant que la particularité du trio est de chanson non pas en harmonie mais à l’unisson. C’est Jacquie O’Sullivan qui remplit le rôle, et participe aux enregistrements des deux inédits qui figurent sur un Greatest Hits qui vient saluer une première partie de carrière phénoménale, en termes de titres classés en tête des classements. L’album Pop Life (1991) convoque une variété de producteurs, pour la plupart orientés vers l’acid house et la musique de danse, comme Youth ou Shep Pettibone. La nouvelle recrue part à son tour, laissant cette fois les deux amies d’enfance continuer leur formule en duo.

Leurs deux autres albums des années 90, Please Yourself en 1993 et Ultra Violet – I Found a Love en 1995, ne retrouvent pas le succès médiatique et commercial de ceux des années 80. Un peu à court d’inspiration, elles multiplient les reprises, allant jusqu’à revisiter leurs propres hits plus anciens, remis au goût du jour dans des sonorités plus dance. Après un écart lounge avec l’album Exotica en 2001, le suivant, Drama (2005), fait néanmoins un peu de bruit aux Etats-Unis, dans les charts club.

L’intégralité du catalogue des Bananarama – remasterisé et augmenté de faces B et inédits – est rééditée en mars 2007 (London Records).

Pour l’avenir, elles annoncent une nouvelle cover, le « Voyage Voyage » de Desireless, et un album de reprises disco, tandis qu’elle font fructifier leur passé en participant aux tournées de stars déchues des années 80.

Source Music Story

1982 : It Ain’t What You Do (It’s the Way That You Do It)

1982 : Really Saying Something

1982 : Shy Boy

1983 : Na Na Hey Hey Kiss Him Goodbye

1983 : Cruel Summer

1984 : Robert De Niro’s Waiting

1986 : Venus

1987 : Love in the First Degree

1988 : I Want You Back

1989 : Help !