La Bande À Basile

Posted on 22/05/2012

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Avec des tubes comme « La Danse du balai », « La Queue leu leu » ou bien évidemment « La Chenille », la Bande à Basile est probablement LE groupe de chanson populaire français le plus connu de la fin du XXe siècle. Avec leur entrain et leur bonne humeur, les chansons du groupe sont une référence obligée des fêtes de village et des mariages. Plus de trois décennies après leur formation, la Bande à Basile continue, en dépit de sa disparition du paysage audiovisuel, de faire danser tapis et balais dans de nombreux bals populaires.

L’histoire de La Bande à Basile commence avec Gérard Curci, jeune Oranais fasciné par le chant choral et lyrique, dont les églises d’Afrique du Nord constituent la première scène et les fidèles le premier public. Encouragé par ses premières expériences scéniques devant les autels, il envisage très rapidement de faire de la variété son futur métier. Courant les radios-crochets, il s’installe dans le sud de la France dans les années 60 à la suite des « événements » d’Algérie et réussit à remporter un concours organisé par un quotidien du Var. Repéré par le producteur et chanteur Claude-Michel Schönberg (futur époux de la présentatrice télé Béatrice Schönberg), Gérard Curci est engagé en 1973 pour donner de la voix sur l’opéra-rock La Révolution française, dans lequel Schönberg joue également le rôle de Louis XVI, aux côtés d’Alain Bashung, Jean Schulteis, Antoine et Les Charlots. Cette collaboration rapprochera les deux hommes qui auront alors l’idée de lancer un nouveau groupe, au look inspiré par les personnages traditionnels de la Commedia dell’arte et au répertoire populaire. Au gré des castings et des rencontres, le groupe prend peu à peu corps et s’étoffe pour finalement donner naissance à un groupe dont Gérard Curci, devenu « Basile », deviendra le meneur. Les membres de la Bande à Basile évolueront au fil des années et des départs, mais, aux côtés de Basile et de Schönberg, la toute première composition de la formation verra s’afficher de futurs noms de la chanson française comme Sapho, Julie Piétri et Sloane (du duo Peter & Sloane).

C’est en 1977 que La Bande à Basile fait sa première télé chez Michel Drucker (Les Rendez-vous du dimanche), dans une prestation très remarquée à l’époque, avec le tube « Les Chansons françaises », compilation de chansons populaires issues du domaine public et remixées pour l’occasion. À l’époque, l’idée de medley est novatrice et le succès du disque lance La Bande à Basile sur la scène populaire. Le groupe, sans grande prétention, a pour but principal de divertir, s’adressant à un public populaire aimant faire la fête, le même que viseront un peu plus tard un Carlos ou un Patrick Sébastien. L’essai est transformé aussitôt après avec « La Chenille » et ses deux millions d’exemplaires vendus. Au fil des ans, plusieurs des interprètes quittent le groupe pour monter leur propre projet (ce sera le cas de Sapho et de Julie Piétri), mais la Bande à Basile continue à évoluer en tant que formation autonome. « La Danse du balai » (1980), « La Danse du tapis » (1980), « Papa, ô papa » (1981) deviennent autant d’incontournables des réveillons en famille, mariages, baptêmes, enterrements de vies de garçon et Bar Mitzvahs. Jusqu’aux années 1980, singles et albums se suivent avec une étonnante régularité, même si pour la plupart, il ne s’agit que de succès populaires pré-existants et tombés dans le domaine public. Sur scène et en studio, la Bande à Basile côtoie les vedettes de la variété de l’époque comme Yvette Horner ou Salvatore Adamo, dont ils font la première partie.

Les années 1980 voient cependant l’aura du groupe décliner petit à petit. S’ils font encore salle comble dans les boîtes et les salles de concert de province, les médias ne s’intéressent plus gère aux prestations de Basile, dont la bande tend à s’amenuiser. Le groupe, cependant, reste actif en studio et, s’il continue à sortir disques, singles et compilations, il n’innove plus guère. En 1989, un gros frémissement vient sortir La Bande à Basile de son parcours léthargique lorsqu’ils enregistrent « On va faire la java » en duo avec l’accordéoniste André Verchuren. 1,5 millions d’exemplaires se vendent et offrent une nouvelle jeunesse à Basile et ses compagnons de route qui entreprennent tournées et galas à travers toute la France. Désormais, le groupe joue à fond la carte du flonflon et du bal populaire. Sacré Maurice (1992, un album de reprises de Maurice Chevalier), La France se Marre (1993), et autres La Fête à Basile sont autant de remixes/variations sur le thème des chansons populaires (voire tout à fait paillardes sur la fin) qui fleurent bon le cotillon, la langue de belle-mère et les serpentins.

Reprenant les titres que d’autres ont chanté avant eux (« C’est bon pour le moral » de la Compagnie Créole, « Santiano », d’Hugues Aufray, « Le Gambadou » de Patrick Sébastien), les Arlequins et Colombines de Basile continuent encore et toujours leur tour de France et de Navarre des fêtes de villages et des animations commerciales. Bien que leur chenille soit un peu plus courte qu’au départ (deux chanteurs et deux chanteuses désormais), les quatre membres restant d’une aventure qui dure depuis 1977 n’en continuent pas moins de démarrer et redémarrer encore et toujours !

Source Music Story

1976 : Les Chansons françaises

1977 : La Chenille

1978 : Le Petit Train du magicien

1978 : Vive les vacances

1979 : Le Bateau rétro

1989 : Les Bigoudens

1989 : On va faire la java (w/ André Verchuren)

1989 : Quand est-ce qu’on passe la deuxième couche ?