Kraftwerk

Posted on 26/05/2012

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Mené par le duo de formation classique, Ralf Hütter et Florian Schneider, la pop électronique de Kraftwerk, groupe mythique s’il en est, a influencé de manière considérable l’évolution de la musique de ces trente dernières années, de la new-wave à la techno, en passant par le hip-hop et la house. Leur musique purement électronique, où la technologie est à la fois moyen et source d’inspiration, les place comme précurseurs de tous les courants se référant à l’utilisation de synthétiseurs et autres instruments électroniques. The Catalogue en 2009 est un luxueux coffret comprenant les huit albums de Kraftwerk remasterisés.

Fondé en 1968 à Düsseldorf suite à la dissolution du groupe Organisation (dont la musique était faite d’improvisations instrumentales), Kraftwerk (« centrale électrique ») va connaître dans son histoire deux périodes remarquables, la seconde restant la plus importante.

Signé par Philips, le Kraftwerk « préhistorique » est caractérisé par une instabilité de son personnel et par une musique au caractère minimaliste qui suit des schémas précis où se développent des mélodies jouées par des instruments traditionnels, le tout agrémenté d’effets. Verront le jour tout au long de cette période les albums « Kraftwerk », « Kraftwerk 2 » et « Ralf & Florian ». Quoique se détachant de l’esthétique des « planants » et du Krautrock allemand, le groupe est toujours taxé d’un certain avant-gardisme dont il désire se détacher.

C’est en 1974, après l’achat de leurs premiers synthétiseurs, que Kraftwerk sort « Autobahn », véritable tournant dans son évolution. Sorte d’ode au réseau autoroutier allemand, la musique du morceau-titre intègre désormais des paroles en guise de refrain et utilise les possibilités nouvelles de la lutherie électronique. Fort du succès du single puis de l’album, Kraftwerk passe au tout électronique et approfondit sa démarche en sortant des albums aussi importants que « Radio-Activity » (1975), « Trans Europe Express » (1977), « The Man Machine » (1978) et « Computer World » (1981). Avec pour thèmes principaux les différents aspect du progrès technique, les albums de Kraftwerk reflètent toujours une certaine admiration face à la technologie ainsi qu’une réflexion visionnaire sur ses enjeux. Poussant leur logique plus loin, les membres du groupe iront même jusqu’à se faire remplacer par des robots à leur propre image durant leurs concerts, attitude anti star-system qui laisse déjà présager celle des artistes techno qui utiliseront des pseudonymes ou garderont leurs visages cachés…

Toujours soucieux d’atteindre une forme d’universalité populaire (publication des morceaux en différentes langues), Kraftwerk est l’un des rares groupes à pouvoir revendiquer la paternité de la majeure partie des musiques actuelles. Après une période recluse durant les années 1990, le groupe semble avoir enfin repris du service comme en témoignent de nombreux concerts et la sortie de l’album Tour de France Soundtracks en 2003.

En marge des remous personnels entre ses deux pères fondateurs, Kraftwerk sort fin 2009 The Catalogue, soit les huit albums de sa discographie officielle. Remasterisés et présentés sous forme de coffret. Soit un monument d’une electro intelligente, voire intellectuelle.

Source Music Story

1973 : Kohoutek-Kometenmelodie

1975 : Autobahn

1976 : Radio-Activity

1977 : Trans-Europe Express

1977 : Les Mannequins

1978 : The Robots

1978 : The Model

1978 : Neon Lights

1980 : Pocket Calculator

1981 : Computer Love

1983 : Tour de France

1986 : Musique Non-Stop

1987 : The Telephone Call

1999 : Expo 2000