Simply Red

Posted on 27/05/2012

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Apparu au milieu des années 1980 avec les hits « Money’s Too Tight (To Mention) » et « Holding Back the Years », Simply Red a flirté pendant une décennie avec les premières places des classements des deux côtés de l’Atlantique, offrant un mélange de pop-soul agréable comme en témoigne l’album Stars (1991). La formation de Manchester est menée avec poigne par le chanteur rouquin Mick Hucknall, devenu une personnalité aussi altruiste qu’un homme d’affaires avisé. Après la carrière solo amorcée par son leader, Simply Red fait ses adieux en 2011 à travers l’album Farewell – Live in Concert at Sydney Opera House.

Simply Red est un groupe typique des années 80, apparu peu après Sade et formé la même année que Cock Robin, en 1984. Mick Hucknall (né le 8/6/1960 à Manchester), chanteur de l’obscur groupe new wave The Frantic Elevators (cinq singles en 1979-82), est rejoint par une section rythmique formée de Chris Joyce à la batterie, Tony Bowers à la basse plus Tim Kellett aux claviers et aux cuivres, tous les trois ex-Durutti Column ; Sylvan Richardson à la guitare et Fritz McIntyre aux claviers complètent la formation. Le nom Simply Red vient naturellement de la couleur flamboyante des cheveux de Mick Hucknall. Rouge, le chanteur l’est aussi de par sa passion pour les Red Devils de Manchester United et par ses convictions politiques.

Le but du groupe est de recréer une soul maniérée, fantasmée, collant au désir de préciosité et de clinquant typique de l’époque. Le résultat est vite atteint : le groupe signe avec Elektra et livre dès 1985 le fameux album « au béret », l’imparable Picture Book (1985), qui fait immédiatement sauter les compteurs. L’ambiance raffinée, la voix particulière de Mick Hucknall et leur adéquation parfaite avec les attentes du public, font de « Money’s Too Tight (To Mention) » et « Holding Back the Years » (n°1) des classiques instantanés. L’ensemble de l’album est d’une qualité constante, les clips des tubes sont de petits bijoux, le répertoire soul teinté de jazz oscille entre swing cool et musique d’ambiance pour bar lounge. Cette formule est déclinée deux ans après à l’identique sur Men and Women (mars 1987). Malgré la collaboration pompeuse avec Lamont Dozier et la production d’Alex Sadkin, l’album est moins puissant et seul « The Right Thing », en ouverture de l’album, fait illusion. Simply Red reste très populaire en Grande-Bretagne et A New Flame, qui paraît début 1989, est un nouveau succès, le simple « If You Don’t Know Me By Now » (n°1 US, n°2 GB), reprise d’un classique de Harold Melvin, cartonne un peu partout et le groupe continue de ronronner à l’approche des années 90. Après plusieurs changements de personnel (départs de Sylvan Richardson, puis de Tony Bowers et Chris Joyce), il devient clair que Simply Red est simplement Mick Hucknall.

Le groupe sort en octobre 1991 ce qui est son chef d’oeuvre, le très réussi et bien nommé Stars propulsé au firmament des charts anglais. Emmené par l’implacable machine à danser qu’est « Something Got Me Started », Stars bat partout en Europe des records de ventes et établit Simply Red comme un groupe majeur, avec un disque très réussi, ce qui ne gâche rien, parfaitement équilibré entre ballades et titres calibrés pour pistes de danse. La voix chaude et nasillarde de Hucknall y est à son apogée. Repu de ce succès, le désormais richissime homme en rouge se lâche sur Life en 1995 ; le titre phare « Fairground » bénéficie de nombreux remixes electro et dévoile l’ambition de Mick Hucknall de mettre son style au goût du jour. Trois ans après, Blue (mai 1998) continue dans la même veine avec un album à tendance soul et des simples remixés par les DJ’s à la mode ; seul « Say You Love Me » maintient le groupe sur les rails du succès. Les choses se compliquent encore avec un fantomatique et décalé Love and the Russian Winter fin 1999, à peine sauvé par une reprise de plus, le « Ain’t That a Lot of Love » de Sam and Dave. Se croyant lâché par son label, Mick Hucknall crée sa propre structure (simplyred.com) et repart à l’assaut avec Home en 2003. L’album confirme la tendance des précédents : un succès honnête en Grande Bretagne opposé à un désintérêt croissant des autres pays.

Pour inverser sa baisse de popularité, Mick Hucknall à recours à un artifice vieux comme le showbiz : enregistrer de nouvelles versions de ses anciens tubes. C’est chose faite en 2005 avec Simplified. Enregistré à Cuba, artistiquement le mélange d’anciens tubes et de nouvelles compositions relevées de sauce cubaine l’album est plutôt chaleureux ; c’est cependant bien insuffisant pour remettre Simply Red au goût du jour. Au printemps 2007 paraît Stay, un album de plus pour un artiste resté sur une formule appartenant au passé, le présent de la soul britannique et mondiale a le visage ravagé d’Amy Winehouse, la blondeur de Duffy, la candeur de Joss Stone… moins l’orgueil rougeoyant de Mick Hucknall. La carrière solo de Mick Hucknall amorcée en 2008 avec l’album Tribute to Bobby a pour conséquence de précipiter la fin de son groupe. Simply Red fait ses adieux sur scène lors d’une tournée mondiale conclue par l’album Farewell – Live in Concert at Sydney Opera House livré en mai 2011. Sorti en éditions CD, DVD et Blu-Ray, il signe le dernier chapitre d’une histoire comprenant 50 millions de disques vendus et une foule de succès.

Source Music Story

1985 : Money’s Too Tight (To Mention)

1985 : Holding Back the Years

1987 : Ev’ry Time We Say Goodbye

1989 : It’s Only Love

1989 : If You Don’t Know Me By Now

1991 : Something Got Me Started

1991 : Stars

1992 : For Your Babies

1992 : Your Mirror

1995 : Fairground

1996 : Angel

1998 : The Air That I Breathe