Ophélie Winter

Posted on 27/08/2012

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Star éphémère dont la carrière fut stoppée en vol aussi soudainement qu’elle s’était lancée, Ophélie Winter, ex-égérie de M6 période « dance-music » et « Hit Machine » incarne une certaine forme de divertissement propre aux années 1990 qui semble ne pas avoir survécu aux années 2000.

Elle-même fille et sœur de musicien, Ophélie Winter-Kleerokoper est née le 20 février 1974 à Boulogne-Billancourt, en banlieue parisienne. Son père, d’origine néerlandaise, David Alexandre Winter (Leon Kleerokoper à la ville) fut, dans les années 60 et 70 un chanteur de variété essentiellement connu pour le titre « Oh Lady Mary » l’un des titres les plus vendus de l’année 1969.

Une carrière à l’origine prometteuse, qui aurait pu égaler celle de son compatriote Dave, mais qui fut tuée en pleine ascension du fait d’une prestation malheureuse au concours Eurovision de la Chanson en 1970. Représentant le Luxembourg avec le titre « Je Suis Tombé pour Elle », David Alexandre Winter n’obtient aucun point et se classe bon dernier, brisant net ses aspirations artistiques. Ophélie, pour sa part, voit ses parents divorcer à l’âge de 2 ans, en 1976 et son père s’exiler aux Etats-Unis.

Elevée par sa mère, mannequin à l’agence Absolu, la jeune fille rêve d’une carrière sous les lumières du show business. Trop précoce, elle enregistre, dès 1984 alors qu’elle n’a que dix ans un morceau, « La Chanson des Klaxons », en compagnie d’un certain Bob : les rediffusions du clip promotionnel font désormais les délices des émissions de télé spécialisées. Un second titre, enregistré à 13 ans, « Poil de Carotte » tombera lui aussi au fond des oubliettes de l’Histoire dès sa sortie.

Peu chanceuse avec le milieu de la chanson, Ophélie s’avère plus veinarde dans le domaine du mannequinat. La plastique de la belle lui ouvre les portes de l’agence Absolu et le joli minois de la jeune fille s’affiche désormais en couverture des magazines de mode. Parallèlement, elle obtient quelques figurations ici et là, essentiellement dans les séries produites par AB Prod. Quoiqu’il en soit, la jeune femme commence à acquérir une petite notoriété, qui se concrétise dès 1992 : ayant rencontré les frères Nacash, duo de paroliers et de compositeurs, Ophélie croit à nouveau en ses chances dans le domaine musical. Cependant, ni « When I Got The Mood », ni « Shame On You » (première version) ne rencontrent le succès.

La rencontre qui permet à sa carrière d’exploser littéralement se produit en 1994 lorsqu’Ophélie tape dans l’œil de l’artiste qu’on appelait encore Prince après l’un de ses concerts à Bercy. Quelle fut la nature et la durée exacte de la relation d’Ophélie Winter et du petit génie de Minneapolis ? Eux seuls le savent, mais c’est sur le buzz créé autour de cette union que la jeune femme sonne le ban et l’arrière-ban des producteurs potentiels et des animateurs de télévision pour faire parler d’elle. Se coupant définitivement de l’influence des frères Nacash et souhaitant se faire coacher par le futur Love Symbol, Ophélie Winter travaille avec son nouveau compagnon sur quelques titres composés par la superstar. Info ou intox ? Reste que cette collaboration ne survivra pas à leur séparation et aucun titre signé de la main de l’auteur de « Kiss » ne viendra lancer la carrière de la jeune femme.

Importe peu, la rumeur est lancée et elle sera suffisante pour convaincre les responsables de contenu musical de la chaîne M6 qu’Ophélie a le potentiel d’une future star. Bombardée animatrice du Hit-Machine, le show le plus porteur de la chaîne, et spécialiste es-dance music, Ophélie Winter apparaît également dans le rôle d’un personnage récurrent de la série Classe Mannequin, aux côtés d’autres gloires fugaces telles Cachou et Vanessa Demouy, et du futur comédien de stand-up Tomer Sisley.

Dès lors, la machine de guerre Winter se met en branle et rien ne semble pouvoir l’arrêter : émissions à sa gloire, interviews, over-présence médiatique, Ophélie est partout, de la scène du Hit-Machine aux coulisses de Coming Next (une mini émission sur les tendances, éphémèrement diffusée sur M6) et anime même un Ophelie Show tout entier tourné autour d’elle et de son image.

En 1995, c’est le coup de grâce avec la sortie de son single « Dieu m’a donné la foi » qui fait un carton bien que la jeune femme s‘avère insatisfaite de devoir chanter en français, rêvant plutôt d’une carrière internationale. No Soucy, son premier album, sort l’année suivante. La France était alors submergée par le phénomène dance music et Ophélie arrivait à point nommé pour en être l’ambassadrice.

En 1996, la blonde plantureuse s’offre même le luxe de tourner dans un film de Claude Lelouch, Hommes, Femmes, Mode d’Emploi où elle interprète la maîtresse de Bernard Tapie.

L’année suivante la voit jouer dans respectivement Tout Doit Disparaître de Philippe Muyl, mais surtout Bouge ! de Jérôme Cornuau où elle interprète son propre rôle en star-pygmalion d’une petite provinciale qui y croit et souhaite percer dans le milieu de la dance. Le film n’est pas moins qu’une déclaration d’amour de la chaîne M6 a elle-même et commence à montrer les limites de l’auto-promotion qu’incarne bien malgré elle Ophélie. Cependant, la carrière de la chanteuse se poursuit sur les chapeaux de roue avec le succès des titres « Shame On You » (nouvelle version), « Le Feu qui m’attise » ou « Keep On The Red Light » en duo avec Coolio.

1998 voit sortir le second album d’Ophélie Winter, Privacy qui s’écoule à plus d’un million d’exemplaires. Après la fin de sa relation avec Alain Chabat, « Ophélaï » comme elle est ainsi surnommée, commence à en entamer une autre avec le rappeur MC Solaar. Quelques photos de baisers volés contribueront encore à accroître la notoriété de la star, bien que les critiques à son égard se fassent de plus en plus audibles. Ophélie contribue – involontairement – à la résurrection de la mode des blagues sur les blondes et les satiristes ne se privent pas pour tirer à boulets rouges sur cette vedette, perçue comme un produit marketing. Le très provocateur magazine Zoo ira même jusqu’à montrer en couverture un photo-montage présentant une Ophélie Winter à genoux, un revolver pointé sur la tempe avec le bandeau Elle rêve d’or : nous lui offrons du plomb. Il faudra toute la diplomatie de MC Solaar pour qu’Ophélie ne traîne pas le titre en justice comme l’avait fait autrefois Vanessa Demouy.

Au tournant des années 2000, le vent tourne pour Miss Winter comme pour la dance music : les groupes/interprètes interchangeables (Gala, Cappella, Scatman, 20 Fingers…) s’étiolent dans la mémoire du public. Groupes recrutés après casting aux titres formatés pour durer trois ou quatre mois, ils ne résistent pas à la déferlante des Boys Band et Ophélie fait partie de la cohorte des bannis.

Bien qu’elle continue à sortir des albums, le succès n’est clairement plus au rendez-vous. En dépit du succès du morceau « Sache » en 2002, l’album Explicit Lyrics est un flop. Quant à ses participations au cinéma, elles se cantonnent à des figurations intelligentes (Les Jolies Choses) ou à des pochades peu dignes d’intérêt (Y’a t’il un flic pour sauver l’humanité, Mauvais esprit). Malgré quelques prestations, dont l’interprétation de la bande originale de Rrrrr !!! des Robins des Bois, la carrière d’Ophélie Winter est en sensible perte de vitesse, à placer sur le compte de l’overdose médiatique de la décennie précédente. Elle revient cependant plus modestement à la télévision en 2005, présentant une émission sur le câble consacrée au R&B. En 2007, c’est sa participation au jury de l’émission Popstars qui la remet sur le devant de la scène et lui permet d’annoncer la sortie, en 2008, d’un nouvel album, fort justement appelé Résurrection.

Source Music Story

1995 : Dieu M’a Donné La Foi

1996 : Le Feu Qui M’attise

1996 : Shame On U

1997 : Rien Que Pour Lui

1998 : Je Marche à L’envers

1998 : Elle Pleure

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Posted in: Années Nonante