Robbie Williams

Posted on 12/10/2012

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Du boys band au statut de pop star, Robbie Williams prouve à lui seul, si besoin était, que toutes les idoles des jeunes ne sont pas jetables. Entre performances musicales et frasques déjantées, cette star ressuscite, pour le meilleur et pour le pire, les excentricités les plus légendaires des vedettes du rock. De quoi se dire que les Anglais ont toujours, musicalement, le vent en poupe sur le Vieux Continent.

 

C’est le 13 février 1974 que Robert Peter Williams voit le jour, à Stoke-on-Trent, grande agglomération du Staffordshire, au sud de l’Angleterre. Elevé par sa mère après le divorce de ses parents, Robbie est un piètre écolier, occupé à faire le clown bien plus qu’à suivre une scolarité cohérente. Le jeune homme arrête d’ailleurs très tôt, après avoir échoué à obtenir l’équivalent britannique du Brevet des Collèges, et trouve un emploi de vendeur. Mais l’adolescent, grâce au soutien de sa maman, n’est pas destiné à végéter bien longtemps dans le commerce : convaincue du talent de chanteur et de comédien de son rejeton, la mère de Robbie Williams le pousse en 1990 à se présenter à un casting pour faire partie d’un boys band.

 

Le jeune homme est embauché et rejoint un groupe de cinq chanteurs/danseurs, bientôt baptisés Take That. Lancés par les singles « It Only Takes a Minute », « I Found Heaven » et « A Million Love Songs », Take That est rapidement lancé au sommet des classements et s’attaquent bientôt au marché européen, remportant de grands succès dans certains pays, notamment en Italie. Robbie Williams, qui fait figure de « bad boy » du groupe, apprécie le succès, mais se trouve à l’étroit dans le groupe, manquant à son goût de liberté dans sa production artistique, sa frustration le conduisant malheureusement à abuser d’alcool et de drogues.

 

Trois albums en cinq ans (et un Greatest Hits certifié Disque de platine) : Take That s’affirment comme le boys band européen le plus dynamique et vendeur. Mais, en juillet 1995, Robbie Williams quitte le groupe, sans que les raisons exactes de son départ (volontaire ou non) soient réellement explicitées. Désireux de se lancer dans une carrière personnelle, le chanteur se trouve embringué dans un litige légal avec sa maison de disques, qui évoque une clause de son contrat l’empêchant de chanter en solo s’il quitte le groupe. Robbie Williams vit très mal la situation, ses mauvaises habitudes reprenant de plus belles : il finit par avoir gain de cause contre BMG et passe chez EMI, mais le conflit l’a laissé sur les rotules. Il fréquente assidûment les frères Gallagher (Oasis), dans l’espoir de collaborer avec eux sur des chansons, mais ne réussit pas à obtenir grand-chose avant de se brouiller avec les ombrageux frangins. Les problèmes de Robbie Williams, psychologiquement fragile, et sa consommation d’alcool, l’ont également conduit à prendre du poids, affectant son image de beau gosse. A vingt et un ans, l’ex-Take That semble promis à un destin de has-been précoce.

 

Alors qu’il est toujours en train de lutter pour se libérer de l’addiction à la drogue, Robbie Williams décide de relancer sa carrière, préparant son premier album solo avec le parolier et producteur Guy Chambers. Le premier single, « Old Before I Die », sort en avril 1997, et atteint la seconde place du classement britannique. Les singles sortent alors que Williams est en cure de désintoxication et l’album, Life Thru a Lens, sorti à l’automne, ne se vend que très moyennement. En décembre de la même année, la maison de disques sort un quatrième single, « Angels », afin de tenter une dernière fois de booster les ventes : à la surprise générale, la chanson est un triomphe, permettant à Robbie Williams d’escalader le hit-parade, non seulement britannique, mais également européen et latino-américain, relançant les ventes britanniques de Life Thru a Lens au-delà de toute espérance. Robbie Williams est aussitôt signé chez Capitol Records, la filiale américaine d’EMI, qui prépare son lancement sur le marché nord-américain.

 

Le chanteur, remis d’aplomb physiquement et psychologiquement, entreprend d’enregistrer son second album, I’ve Been Expecting You. « Millenium », premier single extrait de l’album, s’inspire fortement de l’univers de James Bond et permet à Robbie Williams d’atteindre pour la première fois en solo la première place du hit-parade britannique. Le second single, « No Regrets », remporte également un très joli succès. Le public accroche à la personnalité à la fois séduisante et fantasque de Robbie Williams, alliant un physique de crooner beau gosse à l’excentricité d’une rock star. Capitol Records mitonne l’album The Ego Has Landed, medley de ses deux premiers albums, destiné à assurer son lancement sur le marché nord-américain : si les ventes du disque, sorti au printemps 1999, ne décollent que moyennement aux Etats-Unis et au Canada, cet album composite est un succès en Asie et en Océanie.

 

1999 est en outre l’année qui voit Robbie Williams accéder à un statut de véritable star internationale : l’ex-chanteur de boys band réalise plusieurs tournées, gagnant de nombreux fans grâce à son image publique de charmeur à moitié fou et à sa voix multi-fonctions, capable de s’adapter aux rythmes pop les plus énergiques comme aux ballades sentimentales. Sing When You’re Winning, son troisième album (ou quatrième, si l’on inclut The Ego Has Landed), est un triomphe intégral, atteignant d’emblée la première place des ventes en Grande-Bretagne et dans plusieurs pays européens. L’album comprend également la chanson « Kids », interprétée en duo avec Kylie Minogue : cette dernière accompagne Robbie Williams lors de la tournée britannique de promotion de Sing When You’re Winning. Robbie Williams se produit un peu partout en Europe en 2000 et 2001, parachevant le succès d’un album qui, porté par plusieurs titres-phares comme « Let Love Be Your Energy » ou « Better Man », s’affirme, en Grande-Bretagne, comme le plus grand succès de ventes de l’année 2000.

 

Lancé comme star internationale de la musique pop-rock, Robbie Williams choisit ensuite de se faire plaisir en explorant une voie artistique inattendue : après avoir interprété la chanson classique « Have You Met Miss Jones ? » sur la bande originale du film Le Journal de Bridget Jones, il enregistre un nouvel album, Swing When You’re Winning. Cet admirateur de Frank Sinatra surprend son monde en interprétant des chansons dans un style crooner des années 1950, ainsi que des duos avec les comédiens Nicole Kidman et Rupert Everett. Un duo virtuel avec Frank Sinatra, sur « It Was a Very Good Year », vient parachever la réussite de l’album, qui donne à Robbie Williams l’image d’un artiste capable de tout faire et lui permet de se faire un grand plaisir personnel en se produisant au Royal Albert Hall.

 

Au sommet du succès, Williams bat des records en renouvelant pour 80 millions de livres son contrat avec EMI, qui s’engage de son côté à tout faire pour assurer sa promotion sur le marché américain. Si l’album Escapology, sorti à la fin 2002, est un gros succès en Europe, se vendant jusqu’à sept millions d’exemplaires dans le monde, le public des Etats-Unis continue de bouder relativement Robbie Williams. Le chanteur cause au passage un des ces mini-scandales dérisoires dont les Anglo-saxons ont le secret en tournant en dérision sa propre vie de débauche dans le vidéo-clip de la chanson « Come Undone », que la BBC, avec une pruderie typiquement britannique, diffuse en version largement censurée.

 

A la même époque, Robbie Williams cesse sa collaboration avec Guy Chambers, qui avait jusque-là fait figure de mentor dans sa carrière. Un album live et un best of suivent, avant la sortie en 2005 du nouvel album, Intensive Care, qui se vend en six semaines à deux millions d’exemplaires. Soutenu en 2006 par une immense tournée mondiale, l’album atteint au bout d’un an les sept millions d’exemplaires écoulés. La tournée de Williams vient cependant parasiter la sortie de l’album suivant, Rudebox : quand cet opus au style davantage tourné vers l’electro est proposé au public, son interprète est encore occupé à promouvoir le précédent en Amérique Latine, payant d’une certaine manière ainsi son excès d’activité. S’il atteint encore des chiffres de ventes extrêmement enviables, surtout dans le reste de l’Europe, l’album ne remporte pas en Grande-Bretagne le même succès que les précédents. Robbie Williams ne se laisse pas décourager pour autant, et attaque la préparation d’un nouvel album, conçu comme une suite à Swing When You’re Winning.

 

Personnalité fantasque et parfois presque inquiétante, mais charmeur également irrésistible, objet des attentions de la presse people pour sa vie sentimentale mouvementée, Robbie Williams est devenu l’une des personnalités les plus importantes de la musique pop rock. Beau gosse, mais suffisamment fou pour apparaître comme un artiste sur le fil du rasoir malgré une musique très grand public, l’ex-chanteur pour adolescents a su s’affirmer comme un produit des plus durables.

 

Source Music Story

1996 : Freedom

1997 : Old Before I Die

1997 : Lazy Days

1997 : Angels

1998 : Let Me Entertain You

1998 : Millennium

1998 : No Regrets

1999 : Strong

1999 : She’s the One

2000 : Rock DJ

2000 : Kids (feat. Kylie Minogue)

2000 : Supreme

2001 : Eternity

2001 : Somethin’ Stupid (feat. Nicole Kidman)

2003 : Come Undone

2003 : Something Beautiful

2004 : Radio

2004 : Misunderstood

2005 : Tripping

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