Underworld

Posted on 30/10/2012

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Fondé par Karl Hyde et Rick Smith, Underworld, ex-groupe new wave de la fin des années 80 devenu le fer de lance de la scène électronique britannique, restera comme le précurseur de la fusion des genres, amenant le rock et la techno à se rencontrer. L’album Dubnobasswithmyheadman est un des albums fondateurs du style drum’n’bass.

Fondé à la fin des années 80 par Karl Hyde (chanteur et guitariste) et Rick Smith (clavier puis programmateur), Underworld, pratique une new wave electro vaguement héroïque. Deux albums, qui rencontreront un succès public pour le moins confidentiel, sortent sous le nom Underworld avant 1987.

1987 : la scène électronique fait une entrée fracassante dans le paysage musical britannique. Karl Hyde et Rick Smith sont fascinés par le phénomène et rencontre un jeune DJ de 10 ans leur cadet, Darren Emerson. Karl, Rick et Darren décident de monter un projet ensemble, baptisé Lemon Interrupt. Lemon Interrupt signe avec Junior Boys Own, le label électronique dirigé par Steven Haugh et Terry Farley (d’où sortiront ensuite les Chemical Brothers, X Press 2, Andrew Weatherall…), et sort un maxi sous ce nom.

S’enchaîneront ensuite une série de maxis, tous plus ou moins confidentiels. Cependant, le groupe commence à attirer à ses concerts pour le moins énergique un public d’indie kids, issus du rock. En 1989, juste après la sortie non remarquée du maxi « Born Slippy », Underworld sort ce que le groupe considère aujourd’hui comme son premier album, Dubnobasswithmyheadman. Succès critique immédiat, surtout chez les « rockers » et enfin un début de reconnaissance public. En s’affichant en couverture du Melody Maker, Underworld joue pour beaucoup dans l’ouverture vers un plus large public du phénomène technoïde.

L’image du groupe est radicale, et est entièrement conçue comme un concept artistique global liant littérature, graphisme et vidéo art par Tomato, l’agence de design fondée par Karl Hyde lui-même… Quand on réfléchit bien, on avait pas vu ça depuis Kiss, dans un genre moins arty. Cependant, le phénomène Underworld ne prendra toute sa mesure qu’en 1991, avec la sortie du film Trainspotting où figure justement le titre « Born Slippy ». Tout d’abord sceptique, Junior Boys Own opère à un retirage du maxi vinyle, qui s’écoulera à plus de 10.000 exemplaires la première semaine de sa (re)sortie. La suite tient de l’hystérie : « Born Slippy » devient l’hymne de l’été 91, est l’une des plus fortes rotations radio de l’année dans le monde (une gageure pour un morceau qui fait plus de 9 minutes) et s’écoule à des millions d’exemplaires.

1992, sera l’année de sortie de Second Thoughest in the Infants, le second et multi-platiné album du groupe. Face au raz-de-marée qu’il a provoqué, le groupe s’enferme pendant de longues années, ne se rappelant au bon souvenir de ses fans que par quelques musiques de pub (Orange, Nike…) et un titre sur une bande originale (Batman et Robin). En 1997, le groupe annonce la sortie très prochaine d’un album… qui ne viendra qu’en 1998.

Beaucoup Fish est à ce jour l’album le plus abouti du groupe, le plus difficile aussi. Cependant, le public suit et l’album atteindra un niveau de ventes conséquent (sans atteindre les précédents sommets). Le groupe y inscrit quelques morceaux de bravoure comme « King of Snake » ou « Bruce Lee ». En 1999, le groupe contribue à la bande originale du film The Beach via un inédit, le très sombre « 8 ball ».

Fin 1999, Darren Emerson, jeune papa et épuisé par les tournées incessantes d’Underworld, annonce sa décision de quitter le groupe. S’ensuit une période de doute sur la survie même du groupe, très vite démentie par les concerts donnés avant l’été 2000 par les deux membres fondateurs (Rick Smith et Karl Hyde) pour fêter la sortie de Everything Everything, le premier album live du groupe et le dernier témoignage d’Underworld en tant que trio.

La sortie de Oblivion with Bells en 2007 montre un Underworld qui revient à son style du début des années 90, les courants se succèdent et leur son est aujourd’hui un peu daté. Underworld fait partie des artistes qui se renouvellent trop parcimonieusement pour prétendre marquer durablement le paysage musical planétaire.

Source Music Story

1988 : Underneath the Radar

1989 : Stand Up

1994 : Dark & Long

1994 : Cowgirl

1995 : Born Slippy

1996 : Pearl’s Girl

1999 : Push Upstairs

1999 : Jumbo

1999 : King of Snake

2002 : Two Months Off

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Posted in: Années Nonante