Björk

Posted on 19/11/2012

0


Björk, c’est avant tout un personnage. Une chanteuse-musicienne connaissant le succès mondial depuis plus de vingt ans, une gamine survoltée qui se moque du monde mais l’observe à la loupe, un physique de poupée habillée de sacs ou froufrous. C’est surtout une voix qui porte, entre douceurs hypnotiques et envolées hystériques. Sa musique lui ressemble : savant mélange d’influences jazz, punk, disco, pop et dance, elle a su évoluer jusqu’à atteindre ce degré de fluidité qui retient et emmène toujours là où l’on ne s’y attend pas. En 2000, elle reçoit le Prix d’interprétation féminine pour son rôle dans le film Dancer in the Dark de Lars Von Trier. Depuis ses débuts en solo avec Debut (1993), Björk n’a cessé de surprendre avec les albums Post (1995), Homogenic (1997), Vespertine (2001), Medulla (2004) et Volta (2007). En 2011, l’Islandaise est toujour à la pointe de la technologie sur le projet Biophilia.

Björk Gudmundsdottir est née à Reykjavik en Islande, le 21 novembre 1965. Son père est guitariste, sa mère médecin chiropracteur. Ils divorcent un an après la naissance de leur fille et c’est avec sa mère que Björk part s’installer dans une communauté hippie, réunissant des artistes et des musiciens. Les premières années de la future star sont assez folkloriques mais très enrichissantes sur le plan musical. Dès six ans, Björk apprend le solfège, la flûte et le piano dans une école de musique classique. A sept ans elle enregistre mine de rien toutes les mélodies qui se glissent au creux de son oreille : Simon & Garfunkel ou Jimi Hendrix avec sa mère, Chet Baker, Ella Fitzgerald, Louis Armstrong avec ses grands-parents, folk, opéra, classique, ici et là. Björk prend tout ce qu’on lui offre mais prend vite du recul vis-à-vis de cet univers hippie, trop ancré dans le rêve. Selon elle, l’important est d’agir.

C’est donc à onze ans, repérée par un directeur artistique suite à des essais en radio, qu’elle enregistre son tout premier album intitulé Björk. Ses interprétations de comptines islandaises, ses reprises (dans sa langue natale) de chansons des Beatles et de Stevie Wonder font déjà un carton sur son île. Premier disque d’or, la voie est ouverte pour un second disque mais Björk refuse. A quoi bon accepter un succès si simple ? Pendant quelques années, les collaborations avec différents groupes se succèdent. En 1977, elle intègre le groupe punk Spit and Snot qu’elle abandonnera rapidement pour former Exodus, avec deux de ses amis. Destin éphémère pour cette formation aux influences pop et new wave : Björk monte en 1980 Tappi Tirikass avec lequel elle participe à Rokk I Reykjavik, émission télé grâce à laquelle elle découvrira d’autres groupes islandais se rapprochant de ses aspirations musicales.

Kukl voit le jour en 1983, suite à ce hasard de rencontres. Mélange de punk, jazz, rock et rythmes tribaux, le groupe tente sa chance en Angleterre, dans de petites salles. Il enregistre également un concert à Paris, publié sous le titre Kukl in Paris. C’est avec cette formation que le succès commence à se dessiner pour Björk. L’année 1986 est faste pour la jeune femme : de son mariage avec le guitariste Thor Eldon naît son fils Sindri. C’est aussi l’année de création des Sugarcubes, pendant pop de Kukl. Le premier single du groupe, «Einn Mol’a Mann» connaît un certain succès et s’exporte même en Angleterre, où il est élu «single de la semaine» par le Melody Maker.

Essai transformé en 1987 avec un autre single, «Birthday», édité en Angleterre sous le tout nouveau label de Drek Birkett : One little Indian. Les Sugarcubes sont adoptés partout et se paient le luxe suprême de décliner un contrat offert par Warner. Simple question de liberté artistique. Porté par cet esprit, le groupe séduit et s’impose au fil de plusieurs tournées en Europe et aux Etats-Unis, jusqu’en 90. Puis le rythme se calme. Björk effectue quelques collaborations avec le groupe Magnus et travaille sur un recueil de chansons jazz. Elle l’enregistre avec un trio (batterie, contrebasse, guitare) : ce sera Gling-glo, sorti en octobre 1990.

L’intérêt pour la musique techno la gagne ensuite, de plus en plus vivement. L’idée de poursuivre sa carrière en solo fait son chemin. La séparation des Sugarcubes a lieu en 1992, par un commun accord, alors que Björk vient de rencontrer Nellee Hooper (producteur de Soul II Soul et Massive Attack). L’entente est telle qu’ils décident de travailler à la réalisation d’un album solo. Debut apparaît donc dans les bacs en juillet 1993. Les deux premiers singles, «Venus as a Boy» et «Human Behaviour» rencontrent un réel succès. L’album s’écoule à 2 millions d’exemplaires dans le monde entier, les remixeurs et DJ s’intéressent au projet et s’en donnent à coeur joie, en remixs audacieux. L’aventure solo se poursuit en 1995 avec Post («Army of Me», «Isobel», «Possibly Maybe», «I Miss You»), nourri de drum ‘n’ bass et de jungle, repérées par Björk lors de ses incursions dans les clubs londonniens. Avec plus de 3 millions d’exemplaires vendus en quelques mois, le succès se confirme. L’année 96 est en revanche plus difficile, marquée par le colis piégé adressé à Björk par un fan. La bombe à acide sulfurique contenue dans le paquet est désamorcée par la police londonienne mais l’impact est brutal pour Björk, qui apprendra quelques temps après le suicide du fan, filmé en vidéo sur fond de «I Miss You»…

L’artiste pense un moment arrêter sa carrière, puis offre finalement au public Homogenic, considéré par certains comme son album le plus abouti. Pour le nouveau millénaire, Björk se consacre au cinéma. Après avoir réalisé la bande-son du Dancer In The Dark de Lars Von Trier, elle accepte d’endosser le rôle principal. Le film remporte la Palme d’or à Cannes et récompense la prestation de la chanteuse devenue momentanément actrice, par le Prix d’interprétation féminine. La musique est néanmoins le seul amour de Björk ; Vespertine vient confirmer cette affirmation en 2001. Puis il faudra attendre trois ans avant de retrouver la voix de Björk, sur Medulla, édité en septembre 2004. En 2005, elle compose la bande-son du film Drawing Retraint 9 réalisé par son compagnon Matthew Barney. Entre remixes et compilations de ses oeuvres passées (cf. le coffret Surrounded), Björk continue d’explorer la sphère musicale pour un nouveau projet comme le choeur européen Voices of Europe ou l’album Volta enregistré à la Jamaïque avec le chanteur Antony Hegarty et le koriste Toumani Diabaté. L’album paru en mai 2007 offre les singles « Earth Intruders » et « Innocence ». De retour à l’automne 2011, Björk crée à nouveau l’événement avec l’album Biophilia dont chaque morceau fait l’objet d’une application Apple pour téléphone ou tablette. Le projet centré autour du concept de l’étude du son dans l’univers apporte les singles « Crystalline » et « Cosmogony ».

Source Music Story

1993 : Human behaviour

1993 : Venus as a Boy

1993 : Play dead

1993 : Big time sensuality

1994 : Violently happy

1995 : Army of me

1995 : Isobel

1995 : It’s Oh So Quiet

1996 : Hyperballad

1996 : Possibly maybe

1996 : I miss you

1997 : Bachelorette

1998 : Alarm Call

1999 : All Is Full of Love

2001 : Hidden Place

2001 : Pagan Poetry

2002 : Cocoon

2002 : It’s in our hands

2004 : Who is it?

2005 : Triumph of a heart

Posted in: Années Nonante