Midnight Oil

Posted on 07/12/2012

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Midnight_Oil

S’il n’a pas été le premier groupe australien à connaître un succès international, Midnight Oil en est devenu l’un des représentants majeurs. Emmené par son charismatique leader Peter Garrett, le groupe s’est singulièrement fait remarquer par son propos ouvertement politique, notamment sur les thèmes de l’écologie ou la défense des Aborigènes – ce que résume le tube immense « Beds Are Burning » (1987). L’activisme politique du groupe – et surtout de son leader – a longtemps débordé du cadre strictement musical. Très actif de la fin des années 1970 jusqu’au début de la décennie 2000, Midnight Oil a d’ailleurs fini par se dissoudre en raison du choix de Peter Garrett d’embrasser une carrière politique.

Les études de droit et de sciences politiques mènent à tout, y compris au show-business et c’est peu avant l’obtention de son diplôme (en 1977) dans ces deux disciplines que l’Australien Peter Garrett (né le 16/4/1953 à Sydney) rejoint en 1976 The Farm, groupe fondé en 1971 et qui devient alors Midnight Oil. Outre son nouveau chanteur, le groupe est composé des trois fondateurs de The Farm, Jim Moginie (guitare), Rob Hirst (batterie) et Andrew James (basse), ainsi que de Martin Rotsey (guitare), qui rejoint le groupe en 1977.

Plus socialistes qu’écologistes au sens strict du terme, le groupe, sous l’impulsion de Garrett est politiquement très proche des idées travaillistes et c’est en animant quelques-unes des grandes manifestations du Labor Party australien ou en se produisant devant les ouvriers en grève dans les usines que Midnight Oil trouve son premier public. Se radicalisant de plus en plus, le quintette évolue vers un rock assez dur, influencé par le punk et se voit jeté de toutes les maisons de disques auxquelles il propose des démos. Créant leur propre structure d’édition en 1978, ils enregistrent leur premier album homonyme : Midnight Oil.

Toujours militant, Midnight Oil joue pour Greenpeace à des rassemblements anti-nucléaires ou dans les prisons. Déjà, la personnalité de Peter Garrett, assortie à son impressionnant physique, cannibalise la scène et son aura éclipse quelque peu celle de ses compagnons de scène à l’exception de Moginie qui réussit à imposer son style derrière sa guitare.

« Cold, Cold Change », sur l’album Head Injuries, est le premier titre qui fait connaître le groupe en dehors des frontières australiennes. Cela ne suffit cependant pas à donner à Midnight Oil une aura internationale, car le succès de ce titre ne sera pas renouvelé avant quelques années avec le carton planétaire de « Beds Are Burning » (1987). Par ailleurs, à l’époque, l’écologie n’est pas encore une valeur à la mode dans le monde occidental et reste confinée à quelques petits cercles ou à un certain effet de mode.

Les ritournelles gentiment écologiques de ces kangourous du bout du monde ne séduisent pas vraiment un large public aux Etats-Unis et en Europe, d’autant que, musicalement, Midnight Oil reste assez basique. En revanche, en Australie, le succès de leurs albums Bird Noises en 1980, puis Place Without a Postcard l’année suivante, ne se dément pas et Midnight Oil devient l’une des valeurs montantes (et sûres) de la scène rock locale, au côté d’INXS. C’est à partir de 1982 que la formation change quelque peu et varie son registre en intégrant, notamment, le son des synthétiseurs dans ses compositions sous l’impulsion de Jim Moginie. Ce dernier abandonnant la guitare pour les claviers, Martin Rotsey (qui n’était jusqu’à présent que le second guitariste du groupe) passe au premier plan, d’autant que son jeu entre en résonance avec celui du bassiste Peter Gifford, venu remplacer Andrew James en 1980.

L’album 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, 0 (1982) marque les débuts de la carrière internationale de Midnight Oil, qui place le sauvetage des espèces menacées et les revendications anti-nucléaires au sommet de ses préoccupations. L’écologie, que le groupe australien porte en guise d’étendard, devient sa principale source de médiatisation, d’autant que ses albums ne sont guère distribués dans certains pays nucléarisés (comme les Etats-Unis), où Midnight Oil est même boycotté de manière officielle. En dépit de ces décisions, le marché des imports fonctionne à merveille et très bientôt, le public américain peut se déhancher de façon conscientisée sur les refrains écolo-compatibles de la formation australienne.

Leur plus gros succès à l’étranger reste le Royaume-Uni, où les thèmes portés par Midnight Oil trouvent un écho très important au sein d’une jeunesse britannique qui a manqué la vague punk et ne se retrouve ni dans la pop ni dans la new-wave. De 1982 à 1984, Midnight Oil lève le pied sur son activité musicale, car Peter Garrett a des ambitions politiques. Proche du Labor Party, mais déçu par le « réalisme » affiché par ce dernier, il contribue à la fondation du Nuclear Disarmament Party, une officine à la gauche de la gauche consacrée, entre autres, au désarmement nucléaire mondial.

Sa candidature au Sénat ne remporte qu’environ 10% des suffrages et l’empêche d’entamer une carrière d’élu des Nouvelles Galles du Sud au Parlement de Canberra. Déçu, mais échaudé par cette première expérience politique, le chanteur se tourne à nouveau vers ses camarades et Midnight Oil enregistre à Tokyo l’album Red Sails in the Sunset, qui devient l’un des grands hits de la scène Australienne du milieu de la décennie 1980.

Après un très revendicatif EP Species Diceases (1985), argumentaire à charge contre le nucléaire, Midnight Oil enregistre en 1987 l’album qui le fait connaître au monde entier, Diesel and Durst. Porté par le méga-tube « Beds are Burning » (le morceau de Midnight Oil le plus connu), l’album est le prélude à une immense tournée mondiale qui fait du groupe l’une des formations capitales du rock de la fin des années 1980 et contribue à la diffusion internationale de leur message écologiste.

Un message d’autant plus pris au sérieux que Peter Garrett prend la même année la présidence de l’Australian Conservation Foundation, une association de premier plan consacrée à la préservation et au développement durable du patrimoine. Les autres membres du groupe, cependant, ne restent pas les bras croisés et si certains commencent à évoluer dans d’autres formations à mi-temps, certains, comme Rotsey ou Moginie commencent à se lancer dans la production d’autres groupes australiens.

Alors que Peter Garrett multiplie les apparitions dans le champ politique (séminaires, discours devant des étudiants et concerts improvisés devant les locaux de firmes accusées de pollution), Midnight Oil prépare doucement son prochain album, Blue Sky Mining, qui voit le jour en 1990. Plus politisé que jamais, Blue Sky Mining est en quelque sorte l’Alpha et l’Omega de Midnight Oil, reprenant tous les grands thèmes chers au groupe de Sydney : pluies acides, chasse intensive, déforestation, sauvetage de la culture des peuples oubliés… Le message, cependant, passe auprès des populations concernées et Midnight Oil devient en quelque sorte, à l’image de Sting, une sorte de prophète écologiste bon teint et le pasteur des énergies renouvelables.

Durant ses dernières années d’existence, Midnight Oil alterne les enregistrements studio, les tournées et les pauses que réclame Peter Garrett pour se consacrer à ses activités militantes. Earth and Sun and Moon, en 1993 est, de l’avis général, une excellente surprise même si le propos est de plus en plus pessimiste. Les influences évoluent également : après un Breathe très acoustique en 1996, Midnight Oil enregistre en 1998 un Redneck Wonderland qui se rapproche du hard rock.

Plus créatifs que les précédents, les albums de la décennie 1990 sont considérés par les fans comme les plus matures et les plus aboutis techniquement de tout le répertoire du groupe. Faisant désormais partie intégrante du patrimoine australien au côté de l’Ayers Rock ou de Crocodile Dundee, le groupe participe en 2000 à la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Sydney, retransmise dans le monde entier. C’est en 2002, après la sortie de Capricornia que Midnight Oil se sépare. En effet, Peter Garrett décide de faire de la politique non plus un thème artistique et un passe-temps humanitaire, mais une activité à plein temps, puisqu’il rejoint le Labor Party (il en était proche, mais jamais formellement membre jusqu’alors) et en se présentant sous les couleurs des travaillistes aux élections législatives de 2004.

Malgré la victoire des conservateurs portant John Howard à la tête du pays, Peter Garrett fait partie de ces quelques élus travaillistes ayant réussi à entrer à l’assemblée australienne. Bien évidemment opposé à la guerre en Irak, à la chasse intensive à la baleine menée par les pêcheurs japonais, au génocide culturel des Aborigènes et à la politique chinoise à l’égard du peuple tibétain, l’ex-chanteur de Midnight Oil est cependant contraint de mettre un mouchoir sur son indignation et de céder aux diktats de la politique politicienne. Membre du « shadow cabinet » du Parti travailliste depuis 2005, la victoire de ces derniers aux législatives de 2007 lui permet d’être nommé ministre de l’Ecologie, alors que ses amis évoluent désormais au sein d’Ebb Tide and The Shorebreakers.

Source Music Story

1978 : Run by Night

1981 : Don’t Wanna Be the One

1981 : Armistice Day

1982 : Power and the Passion

1982 : US Forces

1986 : The Dead Heart

1987 : Beds Are Burning

1987 : Put Down That Weapon

1988 : Dreamworld

1990 : Blue Sky Mine

1990 : Forgotten Years

1990 : King of the Mountain

1990 : Bedlam Bridge

1992 : Sometimes (Live)

1993 : Truganini

1993 : My Country

1993 : Outbreak of Love

1997 : Surf’s Up Tonight

1997 : White Skin Black Heart

2000 : The Real Thing

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