Sinéad O’Connor

Posted on 09/12/2012

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Sinead O'CONNOR

Rebelle, anticonformiste et talentueuse, Sinead O’Connor se fait remarquer par le tube planétaire « Nothing Compares 2 U » écrit par Prince. Sa carrière ainsi lancée, elle peut se permettre de sortir sereinement des albums convenus…ce qu’elle ne fait pas. Attirée par la spiritualité, elle en explore différentes facettes des racines celtes de Sean-Nós Nua à l’étonnant reggae de Throw Down Your Arms. Sinead O’Connor n’est pas une artiste de son temps, elle est une précieuse lumière qui montre un chemin de beauté. How About I Be Me (And You Be You)? en 2012 confirme son retour au premier plan.

 

Les premières apparitions de Sinead O’Connor, avec son regard plein de rage, en ont laissé sceptique plus d’un. L’Irlandaise tondue fut d’ailleurs généreusement affublée du désagréable surnom de Skinhead O’Connor.

 

Mais à l’écoute de son premier album, The Lion & The Cobra (1988), même les plus réticents ont été forcés de lui reconnaître tous les talents. Voix translucide et énergique, de la même veine que celle de Kate Bush, instrumentation pop-rock héroïque, les vertus de la Jeanne d’Arc celte ne mirent pas longtemps à s’imposer. D’autant plus que la diva pop s’était jetée corps et âme dans un rôle de trublion au pays de l’ultracatholicisme.

 

Tondue, Sinead O’Connor ? C’est parce que sa maison de disques lui reprochait des cheveux encore trop courts qu’elle s’est rasé la tête. Engagée ? Enragée, plutôt. Contre le doublé macho-facho. Belle rebelle. Et la langue de Sinead O’Connor ne lui sert pas qu’à chanter. Elle dénonce, s’insurge, refuse l’hypocrisie du monde. « Nothing Compares 2 U » est le tube qui porte sa voix cristalline aux quatre coins d’une planète médusée.

 

Quitte à en subir les pénibles conséquences. Ainsi, en 1992, elle accumule les provocations ; elle refuse de chanter l’hymne américain lors d’un de ses concerts, ce qui déclenche les foudres de Frank Sinatra ; puis, elle déchire la photo du pape, sur un plateau TV, devant 50 millions d’Américains. En octobre de la même année, à New York, elle n’a pas le temps de chanter qu’elle est déjà huée par le public du Madison Square Garden venu fêter les trente ans de carrière de Dylan.

 

Mais l’artiste s’en moque. Et dans le même temps, ses albums se suivent sans se ressembler, si ce n’est dans l’exquise qualité (I Do Not Want What I Haven’t Got, en 1990, Am I Not Your Girl ?, avec reprises de Marilyn Monroe, Billie Holiday et Sarah Vaughan, en 1993, et Universal Mother, en 1994). Des albums où elle tente d’expulser ses rancoeurs et son passé d’enfant battue. Émouvant.

 

Pendant quelques années, Sinead O’Connor décide de se retirer du business de la musique pour se consacrer à sa famille et pour étudier l’opéra à Dublin. C’est d’ailleurs en Ophélia qu’elle apparait dans la pièce Hamlet. Puis Peter Gabriel parvient à la convaincre de tourner dans le cadre de son festival WOMAD.

 

Certains ont mentionné une dépréssion et une tentative de suicide. Elle refuse de parler à la presse mais sort en 1997 le EP The Gospel Oak puis en 2000 l’album Faith and Courage pour lequel elle ne fait pas de promotion et ne se produit pas sur scène. En 2002 c’est Sean-Nós Nua qui lui permet de raviver ses racines celtiques. She Who Dwells in the Secret Place of the Most High Shall Abide Under the Shadow of the Almighty est une oeuvre ambitieuse qui mêle un CD orienté dub avec le concours d’Adrian Sherwood et Massive Attack et un autre en public où elle transcende son répertoire.

 

Collaborations en 2005, est une passionante rétrospective de son parcours à travers ses rencontres avec d’autres artistes. Elle va jusqu’à prouver avec Throw Down Your Arms, qu’une petite irlandaise blanche est capable de sortir un des meilleurs albums de reggae depuis longtemps, sa voix et sa spiritualité rivalisent avec une Dézarié. Theology, sorti en 2007, est également un double CD ambitieux, des chansons épurées, aériennes, un talent immaculé et maîtrisé. Sinead O’Connor est passée de ventes d’albums par millions à des centaines de milliers, ce sont les absents qui ont tort tant ses réalisations sont marquées du sceau de la classe, de l’intégrité et du talent véritable.

 

How About I Be Me (And You Be You)? en 2012 est une incarnation supplémentaire de l’écriture ambitieuse de Sinead O’Connor, qui offre une nouvelle fois au monde une collection de chansons pleines de vie et d’amour.

 

Source Music Story

 

1986 : Heroine (The Edge feat. Sinéad O’Connor)

1988 : Mandinka

1988 : I Want Your (Hands on Me)

1988 : Jump in the River (Sinéad O’Connor & Karen Finley)

1990 : Nothing Compares 2 U

1990 : The Emperor’s New Clothes

1990 : Three Babies

1990 : I Am Stretched on Your Grave

1991 : My Special Child

1991 : Silent Night

1992 : Visions of You (Jah Wobble and the Invaders of the Heart feat. Sinéad O’Connor)

1992 : Success Has Made a Failure Of Our Home

1994 : You Made Me the Thief of Your Heart

1994 : Thank You For Hearing Me

1994 : Fire on Babylon

1995 : Famine

1995 : Haunted (Shane MacGowan & Sinéad O’Connor)

1997 : This Is To Mother You

1997 : This Is A Rebel Song

Posted in: Années Nonante