Julio Iglesias

Posted on 23/12/2012

0


Julio_Iglesias

Un sourire charmeur, une voix de velours et environ 80 albums traduits dans toutes les langues… Le crooner espagnol Julio Iglesias est une star internationale. Depuis un demi-siècle, il séduit les femmes sur des rythmes aux allures de rumba. Vite catalogué au rayon variétés, Iglesias est pourtant loin de correspondre au stéréotype ringard de « chanteur pour dames ». « Pobre Diablo », « Il faut toujours un perdant », ou « Manuela », et des dizaines d’autres tubes ont permis à ce Latin lover de vendre autant de disques que Led Zeppelin ou les Rolling Stones. Un succès planétaire pour ce madrilène qui, au-delà du chanteur, est devenu un véritable mythe.

Pourtant, personne au début n’aurait parié sur la carrière de Julio José Iglesias de la Cueva, né le 23 septembre 1943 à Madrid. Julio est le fils du docteur Julio Iglesias Puga surnommé « Papuchi », gynécologue de renom très apprécié par la presse de son pays, et de Maria del Rosario de la Cueva y Perignat. Il vit une enfance heureuse avec son frère Carlos et se passionne très vite pour le monde du football au point de devenir le gardien de but de l’équipe de réserve du Real de Madrid. Sportif de talent, Julio songe sérieusement à devenir footballeur professionnel, il continue toutefois d’étudier le droit à l’université Complutense de Madrid. Tout semble lui sourire, Julio est bel homme, attire déjà les femmes comme un aimant et n’a que l’embarras du choix concernant sa carrière… Footballeur ou avocat ? Dans la nuit du 22 septembre 1962, le destin décide pour lui.

Victime d’un accident de voiture, il perd l’usage de ses deux jambes, le diagnostic des médecins est sans appel ; il reste peu d’espoir pour qu’il puisse remarcher un jour. Sa carrière de footballeur est anéantie en l’espace d’une nuit. Paralysé, Julio Iglesias tue le temps entre deux séances de rééducation en écrivant des poèmes et en écoutant la radio. L’infirmier qui s’occupe de lui, attendrit par la tristesse et la gentillesse prédominante de Julio, lui offre une guitare. Un geste anodin et pourtant salvateur. Le jeune homme tisse de douces mélodies pour accompagner ses morceaux dans lesquels il exprime sa tristesse et son amour pour les gens qui l’entourent. En effet son père met sa carrière en suspens pour s’occuper de son fils et le miracle se produit, Julio se remet petit à petit à marcher. Remis sur pieds il part pour Londres étudier l’anglais à Ramsgate puis à Cambridge. Là-bas il commence à se produire dans des pubs pour entonner des classiques de la pop anglaise, jusqu’au jour où il se rend dans une maison de disques pour soumettre ses titres à des interprètes. Le directeur artistique qui le reçoit, propose à Julio Iglesias, après avoir écouté ses enregistrements, d’interpréter lui-même ses morceaux. Ce dernier n’avait pas imaginé ce cas de figure, mais accepte et entame ici une carrière fulgurante.

Le 17 septembre 1968, alors âgé de 25 ans, Iglesias remporte le concours de la Cancion de Benidorm grâce à son titre phare « La Vida sigue Igual » et signe son premier contrat chez Discos Columbia. En 1969 il commence une tournée aux Etats-Unis et participe aux festivals de Brassow en Roumanie et de Vina del Mar au Chili. En 1970 il signe son premier album Soy et continue sa tournée en Europe et en Amérique latine. La même année il représente l’Espagne à l’Eurovision, en chantant « Gwendoline », en souvenir de ce premier amour qu’il connut en Angleterre, alors qu’il est d’ores et déjà numéro 1 au Mexique, en Argentine, en Espagne et au Japon.

En 1971 Julio Iglesias est un homme comblé. Il épouse Isabel Preysler Arrastria avec laquelle il aura trois enfants : Chabeli Maria Isabel, Julio José et celui qui deviendra son moderne successeur, Enrique Miguel. Le succès de ce père de famille est désormais international, c’est pourquoi il se doit d’enregistrer dans toutes les langues pour satisfaire l’ensemble de son public. L’année de ses noces il enregistre son tube « Como el Aamo al Camino » traduit en japonais par « Anatamo Uramo » ; en 1972 c’est en allemand que Julio devra chanter puis en portugais en 1975, en français ou encore en italien. En 1978 il signe chez CBS International, l’année de la consécration donc, mais également de son divorce prononcé un an plus tard.

Au début des années 80, Iglesias s’attaque aux pays anglo-saxons. L’album Hey, sorti en 1980 fait un véritable carton tandis que Julio est invité à chanter par le président Anwar el Sadat devant les pyramides égyptiennes. En 1982 ce n’est pas lui, mais sa poupée de cire qui entre au Musée Grévin. En 1983, est numéro 1 aux USA et en Angleterre, pari gagné donc pour le dandy hispanique. Pour ses 40 ans, le maire Jacques Chirac lui remet la Médaille de Paris et un Disque de diamant décerné par le Livre Guiness des Records. En 1985, le crooner possède même son étoile de la renommée sur le Hollywood Walk of Fame aux côtés des plus grandes stars américaines. Les habitants de Miami vont jusqu’à lui offrir une place d’honneur sur la Promenade des étoiles latines. En 1988, il reçoit le Grammy Award du « Meilleur chanteur latin » pour le superbe album Un Hombre Solo. Ses titres aux parfums calypso, arrangements exotiques, portés par cette voix si sensuelle marquent les années 80, Julio Iglesias est à ce moment précis une star internationale qui chantent dans toutes les langues, y compris en mandarin. Un phénomène qui s’essouffle ? Bien au contraire, l’ascension de Julio ne se tarit pas au début des années 90.

Julio Iglesias a conquis l’Amérique, l’Angleterre, mais l’Europe lui tient à cœur. Il décide de séduire tour à tour, les pays de l’Union. Son album Aimer La Vie sort en 1990 et encense ce pays qu’il affectionne tout particulièrement, la France. En parallèle sort une compilation des titres les plus connus de Julio dont « Pauvre diable » et « Je n’ai pas changé », intitulée sobrement Julio. Il rencontre alors à Djakarta (Indonésie), Miranda Johanna Maria Rijnsburger, un mannequin hollandais qui lui donnera cinq enfants ; Miguel Alejandro et Rodrigo, ses jumelles Victoria et Cristina et enfin Guillermo. En 1992, l’état de Floride le nomme « Espanol Universal » tandis que l’Espagne lui décerne le titre d’Ambassadeur de Galice.

En 1995 sort La Carretera, album qui se propulse directement en tête des hits-parade avec des tubes comme « Agua Dulce, Agua Sala » et le très dansant « Rumbas ». La même année, il reçoit le Golden Record Award, prix chinois qu’il est le premier à recevoir. En 1997 le producteur et compositeur Emilio Estefan lui remet le prix ASCAP Pied Piper Award, récompense décernée préalablement à Frank Sinatra avec lequel Julio interpréte en duo « Summer Wind ». Le 8 septembre, le maire de Miami proclame ce jour le « Julio Iglesias’ Day ». Une ville qui est tout un symbole pour Julio Iglesias, parce qu’il s’y réfugie avec sa famille peu après l’enlèvement, démantelé à temps, de Papuchi pour lequel une rançon de plusieurs millions de dollars était exigée.

Comme le touchant morceau « Sentimental », Julio Iglesias montre à plusieurs reprises à son public, à quel point il peut être sensible et généreux. En mars 2002, sa mère décède. Julio fait de cette douloureuse perte un acte solennel et touchant. Avec l’aide de son frère Carlos, il concrétise un projet de Centre de services sociaux, destiné aux personnes disposant de peu de ressources. Un projet dans lequel réside la vie entière de leur mère, consacrée à aider les plus démunis. Un centre qui portera d’ailleurs son nom, Rosario de la Cueva de Iglesias. En septembre 2003 sort Divorcio, son 77ème album, l’année de ses 60 ans. En juillet 2006, la petite sœur de Julio, Ruth, voit le jour alors que Papuchi décède en décembre 2005. En 2007, son album Quelque Chose de France, édité chez Sony BMG, est un véritable succès. En 2008, Julio Iglesias continue de chanter en tenant son micro près de son cœur, au travers d’une tournée mondiale.

Julio Iglesias a vendu plus de 250 millions d’albums soit plus que Madonna ou Queen. A plus de 65 ans, il continue de faire fondre le cœur des dames comme des demoiselles. Il a enregistré plus de 78 albums, a chanté avec les plus grands parmi lesquels Stevie Wonder, Diana Ross ou encore très récemment Françoise Hardy sur l’album Partir Quand Même en 2007.

Source Music Story

1972 : Un Canto A Galicia

1974 : Manuela

1978 : Le monde est fou, le monde est beau

1979 : Je n’ai pas changé

1979 : Où est passée ma bohème

1979 : Pauvre diable

1980 : Il faut toujours un perdant

1981 : Viens m’embrasser

Publicités
Posted in: Les Grands Noms